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  1. Nouveau paradigme, pouvoir au consommateur grâce au web

    mai 12, 2012 by admin

    Les internautes qui jusqu’au début du 21e siècle se bornaient uniquement à être spectateur, deviennent acteur et prennent peu à peu le pouvoir. Les conséquences sont multiples, d’abord dans les contenus disponibles, les vidéos des « User generated content » envahissent la toile. Même si l’on peut se réjouir de l’émulation et de ces poussées de créativité, l’intrusion du consommateur dans un domaine jusque là réservé aux professionnels ne se fait pas sans heurts pour l’industrie musicale et audiovisuel. Ensuite le consommateur veut du contenu, il veut avoir le choix et pouvoir y accéder facilement. Les contenus des médias doivent être là où est leur audience.

    La consommation de masse a vécu.

    A une économie largement pilotée par l’offre, tant au cinéma, qu’à la télévision se substitue une économie dans laquelle le consommateur prend de nombreuses libertés par rapport «  à la dictature du marketing »  et préfère écouter ses proches, en cela facilité par les réseaux sociaux. Il veut aussi interagir, donner son avis et participer à la création.

    Des services de plus en plus mobiles, fluides et personnalisés.

    La liberté du consommateur s’exprime aussi dans son désir de mobilité : la mobilité est devenue règle de vie, elle ne se limite pas à la possibilité de voir la vidéo de son choix sur son Smartphone ou en déplacement mais aussi à une évolution des mentalités : zapping, infidélités aux marques.Ainsi non seulement l’audience se disperce, mais elle devient multitâche surtout chez les jeunes.

    Le multitasking

    On regarde de plus en plus la télévision en parallèle d’une activité sur les réseaux sociaux, notamment pour la frange la plus jeune de la population. Butineur et multitâche, le public a un nouveau mode de consommation des médias, étant entouré d’une multitude d’écrans. Les téléspectateurs de fictions françaises cherchent à prolonger la vie de leurs séries favorites via du contenu supplémentaire sur internet (Pourcentage qui monte à 30 % chez les 15-24 ans). Le deuxième écran est utilisé le plus souvent comme support de communication, le spectateur ne se contente plus de la regarder, chez lui ou en déplacement, il la commente, il la critique ou s’engage pour les programmes qu’il aime. Facebook, twitter sont les nouveaux lieux où l’on refait les grilles de programmation de télévision. Le succès de la « social TV » enrichit internet et offre de nouvelles possibilités pour toucher le public et surtout proposer de nouvelles expériences en multi-écrans associées.  Près de 98 % des utilisateurs des propriétaires d’IPAD l’utilisent régulièrement pendant qu’ils regardent la TV. (source NY times août 2010). La télévision à la demande («catch-up» TV), et la VOD font une percée que l’on ne peut plus négliger. Un terrain favorable d’expérimentation, qui a évidemment attiré l’attention de la nouvelle génération du cinéma, ainsi que la publicité évidemment.

    Parallèlement les médias fusionnent. La force de la vidéo propulsée par les réseaux sociaux et submergent les écrans, aujourd’hui, il n’est pas rare que les plus jeunes regardent la télévision, tout en visionnant une autre vidéo postée sur les réseaux sociaux (Multitasking).

    Des médias liquides, la fin de la propriété du support.

    Voir les films que je veux, quand je veux où je veux…

    Même les médias physiques disparaissent petit à petit. Songez que l’on utilisait encore des cassettes vidéos, il y a encore moins de 5 ans. Même un fichier trop lourd pour être téléchargé ou vu en streaming est encombrant. A l’heure du cloud, même la clef USB est obsolète.

    La génération des natifs numériques tient pour acquis de pouvoir profiter de ses contenus où qu’il soit avec ce qu’il veut. Les internautes téléchargent de moins en moins, en profitant des nouvelles offres en streaming (diffusion en vidéo) et de l’amélioration de la qualité du flux. C’est l’accès permanent qui compte, Spotify ou deezer représente (même si les maisons de disque tentent par tous les moyens de freiner leur développement) l’avenir. Nous l’avons déjà dit numérique signifie avant tout pour eux immédiat et infini. Demain, un livre, un disque, un film ne seront plus que des URL !

    Les grands acteurs du web (Google, Apple, Amazon) l’ont bien compris en proposant des offres très attractives pour héberger (musiques, photos, vidéo….). Il est nettement plus rentable d’héberger un fichier MP 3 que de le vendre). Vous connaissez I Tunes, vous allez utiliser aussi I cloud d’Apple.

    Source : Jumpwire Octobre 2010

     

     


  2. Le crowdfunding suscite aussi des débats, de la méfiance, en passant par la peur d’une marchandisation ?

    mai 8, 2012 by admin

    Bonjour,

    La montée en puissance du crowdfunding, depuis maintenant trois ans, considérée aujourd’hui comme l’une des dix tendances fortes de l’économie mondiale pour l’année 2012 (pour en savoir sur l’émergence de cette nouvelle voie de financement), démontre bien qu’il ne s’agit pas uniquement d’une mode. Mais des doutes, des inquiétudes subsistent encore chez beaucoup  d’acteurs du web et d’internautes. De nombreux freins ou des sujets d’incompréhension demeurent. Petit florilège :

    La hantise de la démagogie dans la sélection et la promotion

    Pourquoi les sites communautaires apparaissent toujours démagogiques ? Y-a-t-il forcément un risque de démagogie en permettant aux internautes de sélectionner les projets ?

    Beaucoup d’acteurs culturels ou de prescripteurs présentent, à tort ou à raison, le risque d’un choix populaire au détriment de la pertinence artistique. Ils appuient sur un point sensible à juste titre ou non (est-ce de la peur ?): En rendant inutile les intermédiaires, prescripteurs, producteurs ou autres curateurs avec internet, allons – nous vers un art plus pauvre ? Comment le commun des mortelles sans connaître les codes de l’art pourrait-il juger de la pertinence d’une démarche ? Les internautes choisiront-ils une œuvre qu’ils aiment sur l’instant, privilégieront-ils l’empathie qu’ils peuvent avoir pour l’artiste, grâce à sa vidéo ?

    Ce sont des questions légitimes au regard de l’histoire de l’art..

    Il est vrai que peu d’artistes de grandes valeurs ont été reconnus de leur temps.

    D’un autre point de vue, aujourd’hui les internautes ne sont-ils pas, seuls capables de déterminer la pertinence et la sincérité d’une démarche artistique ?
Un internaute n’a t-il pas assez d’informations, de clefs de compréhension, de culture pour faire la différence ? Sur la toile , on donne toujours de pouvoir aux

    Passer par une sélection de professionnels, d’experts, de producteurs, pour ne pas les nommer, est-il une condition sine qua non pour valider un projet, pour légitimer cette démarche de sollicitation de fonds. ? 
Pourquoi est-il si difficile d’imaginer aujourd’hui qu’un artiste puisse émerger, naître, sans avoir été découvert par un producteur ou un galeriste… ?

    En clair, donner le pouvoir aux internautes, est-ce nécessairement l’appauvrissement de la qualité artistique, ou l’arrivée d’une nouvelle vague de créateurs ?

    Début de réflexions…

    J’ai participé à ce débat sur Newsring : le-buzz-revele-t-il-de-vrais-talents,

    Il montre bien, qu’il n’y a pas de réponses définitives. J’amorce la discussion et je vous invite à poursuivre la discussion sur le site ou à l’alimenter par des commentaires sur mon blog.

    Beaucoup d’artistes n’ont pu voir leur talent reconnu que parce qu’ils étaient soutenus par des mécènes.

    Il en va des écrivains philosophes tels que Voltaire et Rousseau, des dramaturges comme Molière ou Racine, des musiciens comme Bach ou Mozart, des peintres et sculpteurs comme Léonard de Vinci ou Michel-Ange pour ne citer quer des artistes très célèbres…

    Ces mécènes étaient de grands amateurs d’art  et ce sont souvent eux qui ont poussé les artistes à être plus créatifs, plus inventifs, plus provocateurs tout en leur commandant des œuvres reflétant les clivages de l’époque. Ces personnages n’étaient pas particulièrement « formés » pour cela. Aucun d’eux n’a jamais suivi une école artistique quelconque. Il faut attendre les galéristes et les critiques d’art du xxème siècle pour voir apparaître ces individus imbus de leur savoir et faisant la pluie et le beau temps sur la création. Quelquefois avec talent, reconnaissons-le.

    L’art a dans son ADN, si je puis dire, cette notion de subjectivité qui fait aussi toute sa richesse. On peut donc répondre tout aussi bien par la négative que positivement à cette question de savoir si les internautes sont aptes ou non à juger de la qualité artistique d’une oeuvre. Tout dépendra de la connaissance desdits internautes, et ils pourront peut-être découvrir un nouveau génie de la peinture comme s’extasier devant un peinturlureur de croûte. Lorsque l’on voit et entend certains artistes du disque on peut légitimement s’interroger sur le goût du public comme sur le discernement des producteurs. Car l’art et en particulier l’art contemporain ou le cinéma, est devenu avant tout une valeur marchande, un bien de consommation comme les autres et il est bien difficile de juger qui passera à la postérité de par son talent.

    Mais n’oubliez pas que l’argent étant la clef de toute réussite dans notre société humaine, il est préférable de plaire à ceux qui en ont. Andy Warhol l’avait prédit, tout le monde a le droit d’être artiste aujourd’hui.

     

    Des échecs et des déceptions que l’on ne peut nier : le mirage des labels participatifs

    Le modèle des labels communautaires, malgré les perspectives intéressantes de développement de liens avec les fans apparaît encore comme un moyen de limiter la prise de risque des maisons de disque. Alors que la volonté des fans de soutenir et de s’impliquer est forte, la réalité révèle que les labels se sont plutôt servis du qualificatif communautaire pour créer du buzz et financer leur production. La principale déception est sans doute là, ils n’ont créé aucune valeur en utilisant la puissance d’internet.

    Un modèle transposé mais pas de réelle innovation, aucun rapprochement avec le public

    La non remise en cause du modèle économique de l’industrie en est sans nul doute la cause. Il est très difficile d’accepter pour eux qu’il est devenu presque impossible de vendre de la musique sur internet. Ils ont beaucoup de mal à redéfinir leur rôle, ainsi malgré le succès tonitruant de Grégoire et ainsi à travers lui des internautes qui avaient misé sur lui, le modèle s’est très vite enrayé et aucun autre artiste n’a réussi à reproduire ce premier succès ;

     

    La fragilité (supposée ?) du modèle économique des plateformes de crowdfunding.

     

    En France, en particulier le modèle économique des plateformes d’intermédiation, qui se rémunèrent en prélevant une commission sur les collectes réussies, est encore fragile. Il ne génère pas encore assez de chiffre d’affaires et au-delà de projets réalisés pour espérer être rentable.  Même si l’on sent un frémissement, si l’on en entend de plus en plus parler, que des plateformes émergent presque chaque semaine. Le crowdfunding est encore une tendance, une piste de financement, loin d’être la nouvelle façon de découvrir et de suivre la nouvelle création, qu’est devenu Kickstarter. Cependant, Pour placer dans le contexte actuel cette montée en puissance, pour Jérémy Rifkin, nous vivons la troisième révolution industrielle. Qui connaît la portée du crowdfunding dans 5 ans ? Qui aurait pu penser que Kickstarter aurait eu un tel succès ? Personne, sans doute. !

    Pour soulever les doutes et anéantir les réticences. Il faut rétablir la confiance, qui est à la base de toute relation

    Il n’y a pas de solution miracle, les modèles type Deezer ou Dailymotion peinent à trouver la rentabilité, mais à travers les solutions qui apparaissent comme le crowdfunding et les Licences Creatives Commons une grande tendance structurante fait son apparition, il s’agit du rapprochement des artistes et du public et de l’implication de celui-ci. Avec le crowdfunding ou le financement participatif, c’est un nouveau type de lien social qui se crée, démultiplié par l’initiative individuelle permise par le web. C’est en rétablissant la confiance et le respect entre le créateur et le spectateur (ou lecteur), que l’on ira vers la bonne direction. Considéré la culture et la création comme une marchandise en la « marketant » a tué ce respect mutuel, l’urgence une nouvelle fois est de rétablir cette confiance, de donner à voir et ne pas considérer le public comme des voleurs

     

     


  3. Pourquoi et comment utiliser les licences Creative Commons ?

    mai 7, 2012 by admin

     

     

    Les licences creatives commons offrent de nouvelles possibilités de partage

     

     

    Qui connaît Licences Creatives Commons, une solution pourtant simple et pratique de partager et faire connaître son travail.

    Si vous êtes créatifs ou artistes et avez dû utiliser notamment de la musique pour un projet ou un court-métrage, vous avez été confronté aux contraintes que peuvent représenter le droit d’auteur. La nécessité d’avoir l’autorisation de l’ayant-droit (même si c’est légitime) pour utiliser une partie de l’œuvre peut vite devenir un obstacle insurmontable. Comment le contacter ? Où ? Devrais-je payer pour son utilisation ?

    Pourquoi de nouvelles licences ?

    Les contrats de licence Creative Commons, au nombre de 6, permettent de surmonter ce problème. Simples à utiliser, elles permettent aux titulaires de droits d’autoriser le public à utiliser les œuvres, tout en ayant la possibilité de conserver l’utilisation commerciale et de spécifier différents degrés de liberté (au sens du logiciel libre). Ils existent différentes combinaisons possibles, selon ce que l’on est prêt à accepter ou à libérer. Ces contrats d’accès peuvent être utilisés pour tout type de création : texte, film, photo, musique, site web…

    Vous retrouverez sur les deux sites spécialisés -Creative Commons France et Wikipedia- la définition juridique et les différentes options et combinaisons possibles.

    Simplicité, partage et respect

    De nombreux sites très connus du grand public, comme Wikipedia et Flick par exemple, font déjà usage de ce types de licences. Malgré leurs potentiels, ces licences Creatives Commons sont encore très peu utilisés dans la production musicale ou audiovisuelle, même si de nombreux artistes reconnus s’y sont essayés. Il suffit d’aller sur jamendo pour s’en rendre compte.

    Mais alors concrètement comment est-ce que cela fonctionne ? Comment placer ses œuvres sous licences Creative Commons ou utiliser librement une œuvre, sachant qu’on ne peut pas l’utiliser commercialement sans avoir obtenu l’accord de son auteur ?

    Un auteur choisit parmi les six licences existantes celle qui est le mieux adaptée à l’œuvre qu’il souhaite diffuser.

    Toute copie ou communication de l’œuvre au public doit être accompagnée du contrat sélectionné qui peut prendre trois formes : un résumé explicatif pour les non-juristes, un contrat destiné aux juristes et enfin une version en code informatique html / rdf, qui peut être inséré facilement sur la page web. Ce code reproduira sur le site le logo Creative Commons avec un lien vers la version résumée du contrat sélectionné.

    El Riot cinéma utilise grâce aux licences toute la puissance marketing et de diffusion d’Internet.

    Prenons l’exemple de la maison de production espagnole El riot cinéma, la première à financer son filmEl cosmonauta à l’aide du crowdfunding (financement participatif) et de partenariats négociés avec de grandes marques, qui le diffusera gratuitement sur internet pour créer de l’audience sans nuire à ses intérêts commerciaux.

    Une fois El cosmonauta achevé, tout sera disponible en HD sur internet. Non seulement le film, mais aussi toutes les données enregistrées pendant le tournage. En faisant le pari de libérer la distribution sous licence Creative Commons, le public pourra télécharger le film, le modifier, le rééditer… En clair la créature n’appartiendra plus à son maître. Il est même prévu un concours pour récompenser les rééditions les plus originales. L’équie du film est actuellement à Los Angeles pour négocier des partenariats. Comme quoi libre ne signifie pas forcément désintéressé et gratuit.


  4. Partenariat Dailymotion – Flattr

    mai 5, 2012 by admin


     

    Bonjour,

    Un petit bouton Flattr sera bientôt disponible en dessous des vidéos que vous visionnez. Il vous permettra, après vous être inscrit et avoir alimenté votre porte monnaie sur le site suédois, de faire un don en un clic. C’est ce que l’on appelle le micro paiement… Après la poussée du crowdfunding, c’est une nouvelle forme de rémunération de la création, qui fait une percée en France, à travers l’un des sites les plus consultés.

    J’ai écrit un article, il y a peu pour vous présenter  ( disponible longtemps uniquement en anglais, vous pouvez vous créer  aujourd’hui un compte sans avoir peur de ne pas tout comprendre.) Je vous invite à le relire ci dessous.

    C’est peut-être du fondateur de Pirate Bay, que viendra la solution du financement de la création.

    Conscient qu’il est vain de chercher à changer des habitudes bien ancrées comme le téléchargement, Peter Sunde, par ailleurs fondateur de Pirate Bay, propose à travers Flattr de générer de nouvelles rémunérations permettant de financer la création sans contraindre les internautes ni limiter leur liberté. Il s’appuie sur le constat qu’à l’ère du numérique, on consomme différemment: on n’achète plus pour posséder et se faire plaisir, mais l’on rétribue un artiste, un journaliste, pour le plaisir que l’on a pris à écouter sa musique ou l’intérêt que l’on a eu à lire son article. Ces initiatives vont à contre-pied de ce qui se faisait jusque maintenant. La stratégie de l’Etat et des ayant-droits voulant réprimer le téléchargement par la loi essuie un échec cuisant depuis dix ans, sans doute parce qu’elles vont contre la liberté des internautes et contre cette évolution inéluctable du marché. Les maisons de disques apparaissent toujours clairement comme des dinosaures n’ayant pas su s’adapter.

    Que l’initiateur de cette tentative soit considéré par beaucoup comme l’un des principaux responsables de la situation actuelle, et qu’aujourd’hui, ce soit lui qui propose peut-être la solution la plus adaptée, peut paraître assez ironique.

    Flattr

    Mais quel est ce nouveau concept? L’idée centrale est de permettre à ceux qui le souhaitent de féliciter et de soutenir le travail d’auteurs de contenus qu’ils apprécient en faisant don d’une partie d’une « cagnotte », dont le montant est déterminé par chaque utilisateur. Le principe est donc simple: grâce à un bouton intégré sur le site, l’internaute manifeste sa volonté de remercier l’auteur en cliquant dessus. Chaque membre de Flattr signale ainsi les contenus qu’il a appréciés, et la somme qu’il a injectée dans sa cagnotte se répartit automatiquement et équitablement entre eux. Flattr se rémunère quant à lui en prenant une commission de 10 % sur les versements.

    Toujours dans un esprit communautaire

    Il faut tout d’abord créer un compte en se rendant sur le site flattr. L’intéressant dans cette démarche, c’est que pour recevoir des dons, il faut tout d’abord créditer un compte afin de donner et participer à la communauté. Cela s’inscrit bien dans une stratégie gagnant–gagnant à développer sur la toile pour favoriser les liens sur internet.

     

     

     


  5. COMMENT CONVERSER AVEC UN LOBBYISTE ANTI-PARTAGE ?

    mai 5, 2012 by admin

    Bonjour,

    Aujourd’hui je me fais l’écho, ici, d’un très bon article de Philippe Paigrain, initialement publié sur son blog, Comm-u/o-ns. La question du piratage et du financement de la création peut être l’occasion de débat houleux en soirée. Repartez avec la chanteuse et le respect de vos proches grâce aux arguments « bétons » proposés ci-dessous.

    Nul n’est à l’abri en ces temps pré-électoraux. Vous risquez de rencontrer chez des amis un responsable de l’Association des Producteurs Cinématographiques, des lobbyistes de grandes sociétés des médias, leurs conjoints ou leurs amis, un ancien ministre de la culture ou des artistes et auteurs sincèrement convaincus que l’internet du partage est un repaire de brigands et celui des vendeurs de contenus une bénédiction pour la culture. Or ces personnes s’emploient en ce moment à plein temps à avertir nos concitoyens, et parmi eux particulièrement un candidat à l’élection présidentielle, des immenses dangers que la mise en place de nouveaux financements associés à la reconnaissance du partage non-marchand entre individus des œuvres numériques feraient courir aux fleurons français de la culture. Voici donc quelques éléments qui vous permettront de relancer la conversation tout en restant polis, bien sûr.

    1. Vous remarquerez tout d’abord que vos interlocuteurs s’en prennent à une créature baptisée licence globale. Petit cours de rattrapage pour les plus jeunes : la licence globale est une proposition élaborée en 2004 et 2005 qui fut assassinée à coups de pelle en 2006, avant que nul n’ait eu le temps de concevoir et encore moins d’expliquer comment elle fonctionnerait. Quelques défenseurs de la légalisation du partage continuèrent à employer le terme par la suite (Jacques Attali par exemple, ou Juan Branco dans le cas du cinéma, qui en précisèrent le contenu). Pour l’essentiel, cependant, l’expression devint le moyen de désigner ce dont on ne parlerait pas dans les divers comités présidés par des représentants d’intérêts particuliers mis en place par la médiocratie sarkozienne. Aujourd’hui, deux grandes classes de propositions sont discutées au niveau international : la contribution créative, à laquelle j’ai consacré deux livres, et différentes formes de « licences pour le partage », dont en France la proposition de Création, Public, Internet ou les documents élaborés par des groupes de travail au sein du PS et d’EELV. Demandez donc à votre interlocuteur pourquoi il ne fait pas référence à ces propositions, qui sont celles qui sont effectivement discutées.
    2. Votre interlocuteur s’inquiétera de la légitimité de reconnaître un droit des individus à partager entre eux des œuvres numériques sans but de profit. Les droits d’auteurs sacrés autant que transférés pour le bien des auteurs aux éditeurs et sociétés de gestion n’interdisent-ils pas que l’on fasse quoi que ce soit d’une oeuvre sans que cela ait été autorisé parl’auteurl’industrie ? Ils pourront même mettre sous vos yeux des chiffres effroyables : à cause du terrible piratage, un pourcentage élevé des accès aux œuvres concerne un contenu qui n’a pas été acheté. Ne perdez pas de temps à leur rappeler qu’il en fut ainsi depuis que le mot culture existe, vous tomberiez dans une controverse historique qui plombe vraiment un dîner. Mais tout de même il pourra être utile de signaler que la proportion des lectures de livres qui se font - tout à fait légalement - sur un livre non acheté par le lecteur doit être à peu près du même ordre. Il est vrai que le livre n’a pas été encore embastillé chez nous derrière des verrous numériques. Cela vous permettra de leur demander très poliment si vraiment cette perspective est souhaitable. Evitez d’employer des expressions comme droits fondamentaux, culture partagée, citoyens, éducation populaire, cela peut heurter.

     

      page 45 de l'étude HADOPI de janvier 2011
      3. La conversation va alors entrer dans le vif du sujet, à savoir que lacontribution créativelicence globale, c’est pire qu’Attila, non seulement rien ne repousse sur son passage, mais ça défriche même autour. Les trous noirs, à côté, c’est de la gnognotte. Et on additionne les revenus de toutes les industries culturelles pour vous calculer qu’il faudrait payer des dizaines d’euros par mois et par foyer pour compenser ce qui va s’effondrer du fait de l’autorisation du partage non-marchand. Vous pourriez remarquez que vos interlocuteurs, dans de précédents dîners, n’arrêtaient pas de se plaindre de ce qu’ils étaient déjà dévalisés par le terrible piratage, comptant chacun des fichiers circulant sur le Net comme une vente perdue. Est-ce que cela ne relativise pas l’impact de la légalisation du partage, surtout quand on remarque que pour le cinéma, les années de développement du partage ont été celles d’une croissance continue de ses revenus, notamment pour les entrées en salle ? Arrêtez tout de suite, c’est très impoli de mettre comme cela vos interlocuteurs en contradiction avec eux-mêmes. Et puis il y a la musique qui s’effondre, enfin, pas vraiment les concerts vont très bien, mais la musique enregistrée souffre, enfin elle va beaucoup mieux grâce à l’HADOPI. Bon d’accord c’est juste celle que les majors vendent sur iTunes et promeuvent sur Deezer et Spotify qui va mieux, mais on ne peut pas tout avoir, lutter contre le partage et favoriser la diversité culturelle. Vous pourriez bien sûr mentionner toutes les études, y compris celle de l’HADOPI (cf. image ci-dessus), qui montrent que les partageurs achètent plus, mais cela se saurait tout de même si quelque chose qui contredit à ce point les dogmes de l’économisme était vrai. Non, il faut vous en sortir autrement. Le mieux serait de proposer à vos interlocuteurs un pari pas du tout pascalien : on pourrait laisser aux auteurs et artistesayants droit le soin de choisir entre deux dispositifs, l’un où ils auraient le bénéfice de la contribution créative telle que je l’ai décrite et l’autre où ils auraient le bénéfice d’une compensation des pertes qu’ils auraient subis du fait du partage. Ces pertes seront évaluées par une commission composée des auteurs des 20 études indépendantes qui ont conclu que ces pertes dues au partage sont au grand maximum de l’ordre 20% de la baisse des ventes observée depuis le sommet des ventes en France en 2002. On notera que la période 1999-2002 marque l’apogée du pair à pair musical (Napster/Kazaa).
      4. A ce moment votre interlocuteur va sortir l’arme suprême, la chronologie des médias, qui, annoncera-t-il, s’effondrera si on légalise le partage non-marchand alors qu’elle a permis au cinéma français de subsister face au cinéma américain. Manque de pot, ce point n’a pas tout à fait échappé aux concepteurs des propositions de légalisation associée à de nouveaux financements. Ils ont donc encadré précisément ce qu’était le partage non-marchand entre individus1 et quand il devenait possible de le pratiquer2. Le tout de façon à garantir que la chronologie des médias, loin d’être anéantie, soit renforcée par une simplification à laquelle les usagers adhéreront3 parce qu’ils auront acquis des droits. Expliquez le patiemment à vos interlocuteurs  pour le cinéma, il y aura 4 étapes : la projection en salles, la diffusion numérique (VOD, p.ex.) qui ouvrira le droit au partage non-marchand, la diffusion sur les chaînes cryptées puis celle sur les chaînes en clair. Et oui, cela reste intéressant de programmer des films pour une télévision alors qu’ils ont déjà circulés dans le partage non-marchand, pour autant que la chaîne, elle, reste intéressée par le cinéma ce qui est de moins en moins le cas.
      5. C’est le moment de remarquer que votre interlocuteur fait depuis le début comme si les financements de la contribution créative et autre licences pour le partagelicence globale ne consistaient qu’en une rémunération des auteurs, alors qu’ils incluent un volet financement de la production de nouvelles œuvres. Demandez-lui par exemple pourquoi il n’a pas informé ses chers cinéastes (et les documentaristes et les producteurs de nouveaux formats vidéos) du milliard d’euros qu’il leur a déjà fait perdre pour de nouveaux projets en refusant obstinément de participer à la mise en place de ces dispositifs.
      6. Et puis, au dessert, vous pourrez enfin parler de l’essentiel, de la création qui se développe sur internet et autour, de la façon dont elle multiplie le nombre des créateurs à tous les niveaux d’engagement, de compétence et de talent. Et qui sait, vous pourrez peut-être tomber d’accord sur l’utilité du partage et des nouveaux modèles de financement dans ce cadre … au moins pour tous les médias dont votre interlocuteur ne s’occupe pas.

     

    1. la transmission d’une copie d’un support de stockage numérique appartenant à un individu vers un support appartenant à une autre individu, sans que cela donne lieu à transaction ou profit, même indirect par la publicité. []
    2. Seulement quand une œuvre a fait l’objet d’une distribution numérique au public, que ce soit à titre commercial ou pas. []
    3. Pas de camcording dans les théâtres, pas d’enregistrement de concerts ou de scans de livres pour mise sur internet. []
    Conditions de partageCC BY-SA 2.0

  6. Cinéma et indépendance par Ted Hope

    mai 2, 2012 by admin

    Comment le cinéma indie (*) renaîtra de ses cendres grâce à l’émergence d’une vraie communauté de cinéma libre

    Ted Hope

    Je me suis très largement inspiré d’un article d’un producteur américain Ted Hope , qui avait déjà été repris sur le blog El cosmonauta. Je me suis permis de reprendre cet article et d’y apporter des modifications, car je l’ai trouvé très inspirant et véritablement porteur d’espoir, d’idées et d’envies. Un courant de pensées, d’acteurs partageant les mêmes valeurs, se forme, j’ai souhaité ici l’alimenter, y apporter ma contribution et un peu de lumière. Vous pourrez trouver dans la boutique d’Amazon, des documents et des livres  qui sont dans la droite ligne de ce mouvement.

     

    Texte de Ted Hope

    L’industrie du cinéma est peut-être en crise, mais pas le cinéma, le modèle économique ne fonctionne plus, les grands studios n’investissent plus, adaptons-nous, soyons heureux de ce que nous faisons et acceptons le changement. Comment peut-on parler de la mort du cinéma indépendant, alors qu’il a à peine existé… Evidemment nous vivons une période de doutes et de remises en question, mais la solution n’est sûrement pas de criminaliser l’internaute, de se défendre contre son public et porter atteinte à sa liberté à travers des lois liberticides comme la loi Hadopi et la loi sinde. Un seul mot peut résumer ce que nous vivons : bouillonnement. Non pas le désordre, mais une recherche créative, fruit des bouleversements technologiques et d’un internet libre. Oui, il y a changement, mais cela peut être l’avènement d’un cinéma vraiment indépendant, d’un cinéma dirigé par les créateurs en relation avec le public et non pas par le marketing et l’appareil de distribution. Nous avons le pouvoir de tout réinventer avec cet outil spectaculaire qu’est internet. Nous avons les moyens en restant au contact du public de développer un vrai cinéma indépendant avec notre propre modèle économique.

    Comme l’on change de terrain, il est temps de changer les règles du jeu, où tout le monde sera gagnant.

    Toutes ces belles promesses peuvent être remises en question par les lois promues par les pouvoirs publics et poussées par les industriels et leur volonté de défendre un modèle obsolète.

    Sous couvert de protéger la création artistique, ils imposent par tous les moyens une limitation d’accès à la culture, ce dont s’insurge Nicolas Alcàla, le directeur du projet  El Cosmonauta  : « Ne permettons pas que l’industrie des loisir, n’utilise les droits de propriétés intellectuelles, afin de limiter l’accès à la connaissance, que la puissance d’internet permet à plus de la moitié de la planète d’avoir accès. Un film sans public n’a aucune valeur, ce sont eux qui donnent un sens, nous ne devons jamais l’oublier. Ils ne peuvent être considéré comme des criminels parce qu’ils prennent ce qui est à leur portée. Et si la majorité ne va plus au cinéma, c’est à nous de nous adapter. S’ils préfèrent voir notre travail sur un ordinateur, à nous de leur proposer ce qu’ils veulent tout en leur rappelant que nous n’existons que par eux. Les contenus doivent aller où se trouve le spectateur et la seule chose que nous devons faire c’est de leur faire accepter nos nouvelles règles en leur proposant de la valeur ajoutée. il faut leur donner envie d’acheter et de vivre une expérience, mais cela ne peut se faire par une contrainte imposée par des lois répressives. »

    L’avenir nous appartient.

    Tout le monde veut tourner. Et, grâce au numérique, tout le monde peut tourner. Vite. Tout de suite. On n’a pas d’argent, mais on a des choses à dire. A montrer. A partager.  Ils n’ont pas toutes les solutions mais souhaitent prendre leur destin en main et s’émanciper du système grâce à internet. Ils ne voient justement pas les internautes comme des ennemis et s’insurgent même contre la criminalisation du téléchargement.

    Derrière cette vague créative, il y a une volonté de jeunes professionnels qui n’est pas encore véritablement pris en compte par les instances publiques comme le C.N.C, d’affirmer son indépendance et de réaliser les films qu’ils souhaitent, comme ils le souhaitent sans carcan. Avoir à l’esprit de franchir une nouvelle étape au cinéma indépendant,  faisant en sorte que le terme « indie » ne soit pas aujourd’hui uniquement un qualificatif pour ranger les films dans une case. Au cours des quinze dernières années, le monde du cinéma a fait d’énormes efforts pour démystifier le processus de production et donner accès au cercle fermé du financement et de la distribution. C’est un premier pas, mais elle n’a pas donné aux cinéastes l’indépendance, le  vrai pouvoir de faire le film qu’il souhaite. Courir après le financement et essayer de mieux comprendre les subtilités de la production ont sans nul doute distrait la profession et tout particulièrement les créateurs indépendants de ce qu’ils devaient véritablement entreprendre. Nous avons appris à faire des films et la façon de les mettre sur le marché, c’est à notre génération de franchir une nouvelle étape en s’adjugeant la commercialisation et la diffusion des films, pour réussir à les faire comme on le souhaite et à les voir comme on souhaite les voir. Evidemment, nous avons aujourd’hui plus de possibilités, il n’y a jamais eu autant de films, il faut le reconnaître, mais ce n’est pas encore la liberté. C’est à nous de prendre notre avenir en main, de mieux connaître les attentes du public, d’aller à leur rencontre et de leur permettre de choisir, d’une manière intelligente. Nous devons assumer la responsabilité de raconter des histoires uniques d’une manière unique. Nous nous voulons innovateurs et révolutionnaires, mais cela nous vaut aussi des responsabilités supplémentaires. L’indépendance est à notre portée, mais nous devons faire ce que nous avions jamais fait auparavant: nous devons choisir.

    Repenser l’économie du cinéma indépendant et offrir ce que nous pouvons faire de meilleur à une audience désireuse de nouveautés et d’expériences est la plus belle des victoires…

    L’actuel modèle économique de l’industrie audiovisuel s’appuie sur des consommateurs qui ne font pas de choix, qui agissent par impulsion et consomment ce qu’on leur propose (chaîne classique, broadcasting). Nous devons leur donner les moyens de faire des choix. La révolution numérique leur offre la possibilité d’avoir accès à un contenu exceptionnel, mais pour pouvoir choisir d’une manière intelligente et non impulsive, il faut pouvoir rechercher selon ses goûts et savoir où chercher en s’appuyant sur sa culture. Lorsque nous ne verrons plus les internautes comme des ennemis, que nous les impliquerons dans les processus et qu’ils ne seront plus considérés uniquement comme des consommateurs, les choses changeront et le cinéma retrouvera de la valeur à leurs yeux.

    Il est nécessaire de prendre conscience qu’une culture libre sera très différente du milieu dans lequel les films sortent actuellement. Adieu sans doute la gloire et le prestige, mais nous allons mettre fin à l’auto-censure que l’on s’inflige pour entrer dans le moule et nous adapter à un modèle industriel, qui a été formaté pour Hollywood et le marché du divertissement. Nous allons atteindre un public avide de quelque chose de nouveau, quelque chose de réel, quelque chose à dire sur le monde que nous expérimentons, quelque chose d’aussi complexe que les émotions qu’ils ressentent. En étant proche d’eux, nous pourrons mieux connaître leurs attentes.

    Nous sommes dans une guerre culturelle, pas celle qu’essaye de nous imposer les pouvoirs publics, afin de couper le pays en deux «  défense des droits d’auteurs par la répression ou pas  » «  Hadopi – non Hadopi ».  Mais nous devons lutter pour ce que nous voulons voir, faire et ceux avec quoi nous voulons prendre du plaisir.

    Les cinéphiles vont perdre cette bataille, parce que les cinéastes ont répondu aux appels des sirènes de la gloire et des récompenses, dans lequel un seul chanceux sur 3600 aura son travail récompensé. Nous devons voir la constitution d’une communauté de cinéaste comme un bien commun à défendre. La défense de la qualité du cinéma indépendant est entre nos mains.

     

    Demandez le programme !

    Par Ted Hope

    Une fois que nous nous serons réveillés, mobilisés et rendus compte de l’opportunité et de la chance que nous avons.

    Quelle est la culture cinématographique vraiment libre que je propose ? C’est celle qui utilise cet outil remarquable qu’est internet. C’est l’apport d’internet qui donne de l’ampleur à une entreprise qui jusqu’alors était basé sur le contenu limité et qui permet le passage à une entreprise qui cherche à combler tous les désirs du public, non seulement les souhaits du plus grand nombre comme le grand public, que celui des geeks au sein d’une niche.

    Jusqu’à maintenant nous n’avons jamais eu ce type d’opportunité et la tragédie est alors que nous commençons juste à comprendre, ce que cela signifie, des forces contraires tentent de nous barrer la route.

    La neutralité du web est constamment remise en cause et si les opérateurs et les studios hollywoodiens notamment arrivent à leur fin, nous perdrons cette formidable occasion d’être des cinéastes libres.

     

    • Une vraie culture libre respecte la gratuité de la culture cinématographique et les besoins et les désirs du public autant que ceux des cinéastes.
    • Une vraie culture de cinéma gratuite admet le film comme un dialogue et a besoin de cet échange pour comprendre sa communauté. Les participants à une communauté n’hésitent pas à s’engager et tout simplement à participer même s’ils n’ont pas d’intérêt ou de films en cours et s’investissent aussi pour agrandir le cercle de la communauté en invitant d’autres personnes. Nous donnons les moyens de choisir, de choisir ce qu’ils veulent voir ou faire. Nous devenons en quelque sorte les gardiens du temple, en invitant le public et les membres de la communauté à voter à favoriser ce qu’ils aiment avec leurs pieds, leurs yeux et leur argent, mais en les incitant à ne pas agir par impulsion, mais par acte réfléchi.
    • Un  professionnel du cinéma, membre de la communauté FREE CULTURE FILM, a compris que son travail n’est plus simplement de trouver un bon scénario ou de trouver une bonne pièce à adapter. Il reconnaît qu’il doit faire davantage pour trouver et justifier le financement. Un cinéaste vraiment libre doit prendre conscience que sa responsabilité réside aussi dans la nécessité de trouver un public, de lui donner envie, de le mobiliser ou encore de le secouer, pas seulement émotionnellement à travers ses films, mais aussi littéralement par contact direct, que cela soit par mailing, conférence, blogs, réseaux sociaux.

     

    • Le réalisateur ou le producteur reconnaît que la connaissance est le vrai pouvoir et que la propriété est une puissance fictive. Il n’a pas peur de partager, plus on a de connaissance, plus vite on avance. En partageant nos connaissances et nos compétences, on fera tout mieux, que cela soit dans le processus créatif, dans la production ou encore la distribution. Nous entrons dans une nouvelle ère, nous avons intérêt à nous rassembler pour ne pas se perdre.
    • Le cinéaste à l’ère du numérique et vraiment libre n’est pas limité par le matériel pour raconter son histoire. Le réalisateur libre n’est plus lié à la projection en salle, il ne la voit plus comme un passage obligé et ne se soumet  plus à la lutte sauvage qu’est la sortie en salle le mercredi. Où peu réussissent à dépasser la première semaine.
    • En créant une communauté autonome pour le cinéma où l’innovation sera la priorité. Le coût réduit de nos créations, nous permettrons de prendre plus de risques. Si nous voulons aller au-delà du qualificatif « indies » et de ceux qui ont déjà franchi avec succès la première étape en innovant techniquement dans la manière de raconter et d’aborder les histoires, il nous faut continuer le chemin en innovant dans la distribution.
    • Si nous sommes capables avec passion de produire 3600 films par an, nous pouvons avec un peu de cette énergie, nous mobiliser et construire une nouvelle communauté pour rassembler un nouveau public, créer de nouveaux modèles et de nouvelles sources de revenus. Il est temps de construire une alternative au système qui nous a pollué pendant des années. Il est une nouvelle fois temps de prendre la mesure de la responsabilité que représente l’indépendance. L’indépendance signifie connaître son projet de haut en bas, avoir envisagé toutes les options, connaître son public afin de taper juste, lui donner envie et pouvoir le solliciter si besoin.

    Je peux vous assurer que ce travail sera lent et fastidieux, mais mieux nous connaîtrons notre public, plus nos films rencontreront leur public et nous obtiendrons la récompense d’une véritable interaction. Embrassons le changement, impliquons nous dans la production et la rencontre de notre modèle économique, mettons fin au qualificatif devenu fourre-tout « indie » et bâtissons une vraie Free Culture Film.

    Ted Hope

    Nicolas Alcala

    Moi-même (plus modestement)

     

    * le terme Indie fait référence au cinéma indépendant en provenance en majorité des Etats-Unis des années 90 à aujourd’hui, nait avec le festival de Sundance.

    Retrouvez la boutiquc ici ou Rendez vous sur la page  Cinéma et indépendance

     


  7. La combinaison gagnante crowdfunding + Licence libres

    avril 26, 2012 by admin

    Texte publié initialement sur le blog S.I.lex et repris le 2 septembre 2011 sur Owni, avec pour titre du commerce et des licences libres

    La question revient souvent à propos des licences libres de savoir si elles sont réellement capables de s’articuler avec des modèles économiques viables pour la production de biens culturels, autrement que par le système de monopole exclusif du droit d’auteur “classique”.

    La semaine dernière, j’ai reçu par la Poste une preuve tangible que de tels modèles économiques peuvent exister, en associant licences libres et crowdfunding (financement participatif), ce système dans lequel le créateur demande en amont au public de contribuer à la réalisation d’un projet en donnant une somme d’argent laissée à son appréciation.

    Vous vous souvenez peut-être qu’en mai dernier, j’avais écrit un billet à propos du projet de la dessinatrice et activiste de la Culture libre, Nina Paley, qui avait utilisé le site de crowdfunding américain Kickstarter pour lancer un appel aux dons en vue de publier des minibooks mettant en scène ses deux personnages de BD, Mimi & Eunice, dans des strips en trois cases traitant de la propriété intellectuelle et de ses excès (Intellectal Pooperty).

    L’originalité du projet résidait dans la “licence” retenue par Nina Paley pour ses ouvrages : le Copyheart qui se résume à ceci :

    ♡ Copying is an act of love. Please copy.

    Nina Paley demandait 3000 dollars pour imprimer les minibooks et les envoyer sous forme de récompense à ses contributeurs.

    Cet objectif a été atteint en… deux jours (!!!), puis très largement dépassé pour permettre d’imprimer 10 000, puis 20 000 minibooks, avec au total plus de 8000 dollars collectés par le biais des dons de 305 personnes.Visiblement le plus difficile fut d’arriver à expédier les BD à tous les contributeurs partout dans le monde, à cause des facéties de la poste américaine. Bravo Nina pour cette réussite !

    Ayant fait un don de 25 dollars pour soutenir ce projet, j’ai eu le plaisir de recevoir la semaine dernière non pas 5 minibooks comme promis mais 15, grâce à l’argent supplémentaire récolté.

     

    Mes quinze exemplaires d’Intellectual Pooperty, le minibook de Nina Paley (jeu de mots difficile à traduire : Impropriété Intellectuelle ? Une chose intéressante à présent serait d’ailleurs de traduire ces strips en français. Des candidats ?)

    Je dois avouer que c’est avec une certaine émotion que j’ai lu ce petit livre, qui prouve qu’une création peut naître et toucher un public en dehors de tout système de protection de la propriété intellectuelle. Mais les choses ne s’arrêtent pas là, car en creusant un peu, je me suis rendu compte que d’autres projets sur la plateforme Kickstarter associent licences libres et crowdfunding, de manière souvent très inventive.

    Une page recense en particulier les projets utilisant les licences Creative Commons et je vous invite vivement à la visiter.

    Vous y découvrirez par exemple le projet Smarthistory, qui vise à produire des vidéos pédagogiques sur l’histoire de l’art, placées sous licence CC-BY-NC-SA, et rassembléessur un site qui constitue un véritable manuel éducatif interactif. Cette initiative associe plusieurs musées dans le monde et a été primée aux Etats-Unis.

    Plusieurs projets portent sur l’édition de livres, sous forme imprimée et/ou numérique. J’avais déjà évoqué dans un billet précédent le cas de Robert Sloan, qui a réussi à fairefinancer l’écriture de son premier roman par une communauté de fans, en contrepartie de le placer sous licence libre, ou celui du projet Gluejar, qui me paraît très prometteur.

    D’autres exemples de projet d’édition sont particulièrement intéressants. Avec The Wise Roads, deux éducateurs ont utilisé Kickstarter pour rassembler suffisamment d’argent pour organiser un voyage éducatif le long de la côte ouest des Etat-Unis, en testant de nouvelles méthodes d’apprentissage basées sur les échanges avec l’environnement. A l’issue de cette expérience, ils écriront un manuel racontant leur périple et donnant des indications pour permettre à d’autres de mettre en place de nouveaux voyages éducatifs. Ce livre sera mis gratuitement à disposition sous licence CC-BY en version électronique et vendu en format papier.

    OpenUtopia est un autre projet éditorial qui vise à produire une nouvelle traduction de l’Utopie de Thomas More, en Open Source, en Open Access, sous de multiples formats et sous la forme d’un site interactif en ligne. C’est une excellente manière de faire revivre une oeuvre du domaine public, sans l’enfermer sous une nouvelle couche de copyright, comme c’est hélas bien trop souvent le cas et je vous conseille de visiter le site, qui comporte même un WikiTopia pour écrire de manière collaborative une nouvelle utopie.

    Un peu dans la même idée, transposée dans le domaine de la musique, on trouve plusieurs projets dont le but est de produire des enregistrements libres de droits de morceaux de musique classique. C’est le cas du projet Musopen, qui avait fait parler de lui en 2010, et qui consistait à rassembler suffisamment d’argent pour faire enregistrer par un orchestre de musique classique des oeuvres de Beethoven, Brahms, Sibelius ou Tchaikovsky. Les musiciens ont accepté de renoncer à leurs droits voisins sur leurs interprétations, ce qui permet de les verser dans le domaine public en utilisant la licenceCreative Commons Zéro (CC0). Ce projet a connu un succès retentissant sur Kickstarter avec plus de 60 000 dollars récoltés (6 fois plus que la somme initialement escomptée…). Sur le même principe, une suite a été donnée à ce projet pour libérer les Variations Goldberg de Bach et produire à la fois une partition et un enregistrement libres de droits (23 748 dollars).

    De manière peut-être plus inattendue, on trouve également sur Kickstarter des projets citoyens d’Open Data combinant licences libres et crowdfunding. Une initiative propose par exemple de créer une carte libre des transports en commun de Cincinnati pour inciter les citoyens de la ville à utiliser davantage et mieux ces infrastructures (ça ne vousrappelle rien ? ;-) . Un autre projet, RDTN.org (Radiation Detection Hardware Network)proposait de rassembler des fonds pour acheter du matériel permettant de procéder à des relevés des taux de radiation au Japon, de manière à pouvoir critiquer les chiffres avancés par le gouvernement, toutes les données collectées étant placées sous licence CC0. Il a rassemblé plus de 36 000 dollars et propose d’évoluer vers une sorte d’Open Street Maps de vigilance citoyenne sur la radioactivité.

    Encore plus surprenants, ce sont les projets qui proposent de placer des objets physiques sous licences libres, comme des puces électroniques ou des fraiseuses de salon, permettant de réaliser soi-même toutes sortes d’objets dans l’esprit de l’impression 3D ! Dans le projet de fraiseuse Open Source DIYLILCNC 2.0, les contributeurs à partir d’un certain niveau de dons peuvent aussi voter pour faire évoluer le projet dans tel ou tel sens, ce qui renforce la dimension collaborative.

    On le voit, les possibilités sont vastes pour créer des modèles économiques avec des licences libres. Certains projets placent leurs produits sous des licences très ouvertes, en assurant le financement en amont par le biais du crowdfunding. D’autres conservent la restriction NC (pas d’usage commercial) pour pouvoir mettre en œuvre des formes d’exploitation commerciale des produits créés, tout en garantissant des usages ouverts par le biais des licences Creative Commons.

    Cette page ne recense pas tous les projets utilisant les licences Creative Commons surKickstater, loin de là et je vous laisse continuer l’exploration des possibles, si ce sujet vous intéresse.

    Évidemment, je ne prétends pas que cette combinaison du crowdfunding et des licences libres a pour vocation de remplacer entièrement les formes traditionnelles de financement, mais elle ouvre des pistes intéressantes et présente l’intérêt de mettre directement en relation les créateurs et leurs publics, plutôt que de les dresser les uns contre les autres et de perpétuer la rente de situation d’intermédiaires dont l’utilité devient de moins en moins évidente.

     

     


  8. Iron Sky – premier bilan après trois semaines en salle

    avril 24, 2012 by admin

    L'affiche du film sélectionnée par les internautes

    Bonjour,

    Le réalisateur du film Timo Vuorensola, revient sur la sortie et les premiers chiffres dévoilés. Il partage ses sentiments, après avoir travaillé  6 ans sur ce long métrage et l’avoir  projeté déjà dans 20 villes différentes. Focus sur cette expérience ici ou en cliquant sur l’affiche en haut.

     

    Petite piqure de rappel

    Je m’intéresse depuis longtemps à ce long métrage, car c’est notamment grâce au crowdfunding, que ce film va pouvoir sortir en salle, en rassemblant près d’un million de dollars grâce aux contributions des internautes pour un budget total de 10 millions et réussissant ainsi aussi à se faire connaître au-delà des frontières de la Finlande :-)

    Je vous laisse découvrir l’article publié sur cette véritable aventure humaine dans la bible du cinéma américain Variety , où ils reviennent bien sur les différentes étapes de développement et comment très tôt ils ont souhaité associer le public et adopter une nouvelle façon de produire, avec à l’esprit aussi d’ouvrir de nouvelles perspectives aux jeunes cinéastes, trop souvent contraints de s’expatrier à Hollywood.

    Mais avant tout ne ratez pas cette vidéo, où vous allez pouvoir découvrir des images inédites et exclusives du film.

     


  9. Les 5 facteurs clefs de succès d’une campagne de crowdfunding

    avril 24, 2012 by admin

    Bonjour,

    Aujourd’hui, après avoir lu un très bon article , avec pour titre The 6 Variables Behind a Kick-Ass Kickstarter Project) de Slava Menn, qui a réussi à récolter près de 84 000 $ pour développer et commercialiser sa lampe de vélo ( le projet Kickstarter est ici). Il analyse dans celui-ci  sa stratégie et partage avec nous ce qui a compté pour lui et comment il en est arrivé à proposer ce projet.

    Ce que vous devez absolument avoir pour réussir votre collecte

    J’ai eu moi aussi envie de faire le bilan et d’essayer de déterminer cinq facteurs clefs de succès.  Je suis donc revenu sur  ma propre expérience et sur ce que j’avais pu voir tout au long de ces deux ans, les réussites commes les échecs.

    Evidemment, ces règles ne vous assurent pas la réussite, tous les projets n’arrivent pas à rencontrer leur public, mais ces conseils sont les bases indispensables pour moi afin de mettre toutes les chances de son côté.

    Tout en n’oubliant pas que la campagne que vous lancez est aussi l’occasion au-delà de l’objectif financier, de donner à voir et de vous rapprocher de contacts appréciant votre travail et que vous aviez peut-être un peu perdu de vu. Avoir une actualité et montrer que l’on travail est toujours très important.

     

    1 – Ne pas rater l’occasion de faire une bonne première impression. Votre projet c’est votre vitrine, faîtes le maximum pour créer la sympathie, mettre en valeur vos compétences et rédiger avec soin la présentation de son projet. N’ayez pas peur d’être direct : dire pourquoi on veut de l’argent, ce qu’on va en faire et quel sera le résultat concret à la fin ; (« Ce qui se conçoit bien s’énonce aisément » comme le dit Nicolas Boileau ).

    Ce rôle de séduction est d’autant plus important, que la philosophie du crowdfunding est encore mal connue, même si des plateformes comme Kickstarter ou Ulule en France, commence à être reconnu, le risque d’être spammer dès le premier contact est grand ! N’hésitez pas à adresser des mails personnalisés (l’abolition du copier-coller est évidemment de rigueur dans ces cas là) et d’expliquer de quoi il s’agit exactement et de mettre un lien qui renvoit vers le site.

    2 – Mobiliser son entourage et commencer à se faire connaître autour de soi

    Vous vous dîtes sans doute, quel intérêt ai-je à présenter mon projet sur internet si c’est pour solliciter ma famille ou mes amis. La raison est simple et c’est ce que nous apprend la plateforme Kickstarter :

    Les internautes soutiennent des projets qui réussissent

    Lorsque l’on étudie les statistiques du site américain Kickstarter, on apprend que 43 % des projets présentés réussissent (taux enviable il faut reconnaître), mais surtout que 21 % des projets n’ont jamais même eu une seule contribution. Ainsi lorsque l’on regarde de plus prêt, on constate que les chances de succès grimpent à 52 % lorsque l’on a au moins une contribution et à 90 % lorsque dans la dernière ligne droite on atteint 30 %.

    C’est tout à fait compréhensible lorsque l’on sait que la force d’une plateforme de financement participatif  est de s’appuyer sur la puissance de recommandation des réseaux sociaux est de pouvoir agrandir le premier cercle de soutiens (amis, familles, proche). Les relations humaines sont toujours aussi importantes à l’ère du numérique, connaître l’avis de ses proches, bénéficier de leurs relation, sera toujours plus efficace surtout en France, que des mailing sauvages. Comment imaginer convaincre des inconnus, si nos proches et notre entourage ne nous font pas confiance ?

    C’est une véritable rampe de lancement, cela reste une réalité, même si la donne évolue un peu grâce à internet.  Mais Il ne faut surtout pas imaginer que le « travail » s’arrête à la présentation du projet sur la plateforme et au contraire garder à l’esprit qu’il s’agit d’une campagne, il faut informer, donner envie de connaître, répondre aux questions, c’est une vraie démarche, qui demande de l’investissement.

    3 -  Ne pas avoir peur d’être créatif et de partager…

    Il faut établir une stratégie, qui non seulement va attirer l’attention des internautes, mais qui doit aussi donner envie de vous suivre et les inciter à participer à votre projet. La réussite passe autant par un message réussit, une histoire que l’internaute apprécie, que par des contreparties que le contributeur a envie d’avoir, parce qu’il apprécie le travail de l’artiste.

    Le message pour se faire connaître

    En se découvrant, en créant notamment une vidéo…

    Il est important et l’on bien compris les américains, qu’il est important de dépasser la simple relation virtuelle, pour cela il faut d’abord susciter l’intérêt et être attractif, les idées les plus simples et les plus proches des internautes sont souvent les meilleurs… Cette volonté passe souvent par une vidéo, une captation qui rapproche, met à nu un peu le porteur du projet ou montre simplement son engagement et son ambition.

    Dans ce domaine, il y a deux écoles, soit centré sur le porteur de projet en valorisant le savoir être ou sur le projet en valorisant le savoir faire…

    Proposer des contreparties ou des « cadeaux » attirants

    «  en avant de l’audace, toujours de l’audace, rien que de l’audace »

    La base de l’inspiration, vous le savez, est ce qui se fait chez les autres. Alors n’hésitez pas à surfer sur des sites de crowdfunding, même dans d’autres domaines artistiques et repérez les bonnes idées, ce qui marche et ce qui ne marche pas. Des œuvres en petits formats, des œuvres dédiés, proposer leur des cours, des rencontres, de leur montrer comment vous travaillez…Les possibilités sont immenses, alors demandez-vous ce que vous aimeriez obtenir et offrez-le.

    J’ai remarqué notamment dans la photographie, qu’il y a une volonté d’apprentissage très forte, concernant les méthodes de reportage, en offrant la possibilité aux internautes de vous suivre pendant votre expédition ou en leur proposant de leur expliquer comment vous avez travaillé, vous avez de grandes chances d’attirer les contributeurs.

    4 – Une campagne de crowdfunding est un marathon, il faut pouvoir la suivre, l’alimenter, répondre aux questions, ne pas avoir peur de relancer, réussir à toucher les différents cercles, en s’intéressant en priorité à ses proches, qui sont véritablement la base de la fusée. Ne pas avoir peur de communiquer, de s’investir et de solliciter ses contacts à travers les réseaux sociaux et l’emailing, qui sera votre meilleure arme.

    5 – être positif : remercier autant que vous pouvez et n’oubliez pas que ce n’est pas fini tant que le compte à rebours n’a pas sonné.

    Même si l’on ne doit pas oublier que rien n’est magique, tout fonctionne beaucoup mieux, lorsque l’on donne pour mieux recevoir (elle est un peu facile, mais je trouve quelle reflète bien la mentalité, qu’il faut avoir). Le plus important est donc pour moi d’être présent, de montrer que le projet nous tient à cœur, que l’on est pas uniquement là pour récolter de l’argent, mais aussi pour essayer d’intéresser les gens à son travail, sans négliger cette part d’aventure humaine.

    En savoir plus  : pour réussir sa campagne de crowdfunding

    Source :

    Ulule : interview

    Les 5 règles d’or

     


  10. Peut-on vraiment vendre de la production culturelle ?

    avril 22, 2012 by admin

    Bonjour,

    Après avoir lu un très bon article intitulé vers l’économie du don de Laurent Saussereau sur Terra Eco, j’ai eu envie de partager une nouvelle fois le billet de William de la mutinerie,  » Peut-on vraiment vendre de la production culturelle ?  » Une question fondamentale,dont la formulation est aussi simple que la réponse est complexe et suscite le débat…

    Il n’y a rien de plus utile que l’eau, mais elle ne peut presque rien acheter ; à peine y a-t-il moyen de rien avoir en échange. Un diamant, au contraire, n’a presque aucune valeur quant à l’usage, mais on trouvera fréquemment à l’échanger contre une très grande quantité d’autres marchandises.

    Adam Smith

    Le diamant liquéfié

     

    Au moyen âge, le livre se vend comme un diamant, c’est un objet rare, difficile à produire et à distribuer. Il s’échange à des prix très élevés et reste la propriété des classes fortunées. Il est conservé précieusement dans des bibliothèques et fait la fierté de ses possesseurs.

    Au XXIème siècle, la connaissance se déverse à torrents dans les canaux numériques. Elle est devenue un flux que l’on recueille sur ses timelines Facebook ou Twitter et que l’on souhaite partager le plus largement possible. A l’heure de l’économie de la connaissance, elle est devenue une denrée aussi utile que l’eau, et comme l’eau, son prix est devenu très faible. La presse écrite par exemple, n’en finit pas de voir son chiffre d’affaires diminuer et se retrouve de plus en plus dépendante d’une assistance respiratoire publique ou privée (ce qui nuit évidemment au principe d’indépendance de la presse).

    Nous vivons à une époque où la valeur d’usage de la production intellectuelle n’a jamais été aussi élevée, et dans le même temps, sa valeur d’échange n’a jamais été aussi faible.

    Comment comprendre, comment interpréter ce phénomène paradoxal ? Pourquoi l’information, la connaissance, la production intellectuelle ne trouve plus actuellement de moyen viable de se vendre ? Et comment trouver d’autres modèles pour les secteurs de la production intellectuelle ?

    book of kells

    Les idées ne s’échangent pas comme des marchandises

     

    Qu’entend t’on par production intellectuelle ? Composer une chanson, c’est de la production intellectuelle. L’interpréter durant un concert, en revanche, n’en est pas,  c’est une prestation, un service.

    Un article de presse, un roman, l’écriture et la mise en scène d’une pièce de théâtre, la composition musicale sont autant d’exemples de production intellectuelle. Une création architecturale ou la recette originale de Coca-Cola sont également des productions intellectuelles. Bref, il s’agit de toute création originale dont la valeur ajoutée réside dans l’idée plus que dans l’application directe.

    Le modèle actuel d’échange de la production intellectuelle repose sur les théories classiques qui ont d’abord été élaborées pour les biens industriels. Le problème, c’est que la production intellectuelle et la production industrielle n’obéissent pas aux mêmes lois en ce qui concerne l’échange et la distribution.

    Les conditions de l’échange marchand

    Si l’on revient aux conditions de l’échange marchand, on s’aperçoit que pour qu’un échange soit possible il faut 3 conditions:

    • D’abord, il ne doit porter que sur des objets, des choses extérieures aux individus, des choses qui relèvent de l’avoir et non de l’être. Un état affectif par exemple ne s’échange pas ; impossible d’acheter du bonheur à un homme heureux pour soulager une dépression !
    • Ensuite, il faut, pour que l’échange ait lieu, une symétrie entre un manque et un excédent ; « c’est parce qu’il y a une égalité de tous dans le manque et parce que, en même temps, tous ne manquent pas de la même chose qu’il peut y avoir échange.» nous signale Frédéric Laupiès dans un petit bouquin intitulé Leçon philosophique sur l’échange.
    • Enfin, il faut pouvoir être en mesure de réaliser une équivalence entre les objets échangés. Cette équivalence se réalise notamment par la monnaie qui permet de « rendre les objets  égaux », de pouvoir les estimer et les comparer entre eux.

    Essayons de voir si les conditions de l’échange marchand sont remplies pour les productions intellectuelles.

    L’idée toute nue

     

    Lorsqu’un auteur fait imprimer un ouvrage ou représenter une pièce, il les livre au public, qui s’en empare quand ils sont bons, qui les lit, qui les apprend, qui les répète, qui s’en pénètre et qui en fait sa propriété.
    Le Chapelier

     

    On dit que l’on « possède » une connaissance. Comme un objet, on peut l’acquérir, la transmettre… On pourrait croire qu’elle est donc un simple avoir immatériel mais elle est aussi un élément constitutif de l’être. On ne peut choisir de s’en séparer délibérément et, plus important encore, on ne la perd pas en la transmettant à d’autres (au contraire). Lorsque l’on vend un marteau, on perd la possession et l’usage du bien. Mais lorsque l’on transmet une connaissance, on ne s’en dépossède pas.

    Jusqu’à présent, on était parvenu à vendre de la production intellectuelle parce que celle-ci devait encore passer par un support physique. Avant Internet, un essai dépendait d’un support papier, un album de musique dépendait d’une cassette, d’un CD etc.

    Le business model de la production intellectuelle reposait en fait sur la confusion entre l’objet et le sens porté par cet objet. L’objet était acquis et valorisé en temps que symbole. On peut vendre un symbole car il est la matérialisation d’une idée porteuse de sens. Lorsque l’on achète des fringues de marque, on n’achète pas seulement un produit fonctionnel, mais on achète aussi le « sens » porté par la marque.

    Ainsi, lorsqu’elle avait encore un contenant physique, l’idée pouvait être vendue dans son emballage symbolique mais, avec la dématérialisation totale qu’a permis le numérique, on peut désormais distribuer l’idée toute nue.

    Mais peut-on vendre une idée nue lorsque l’on sait que sa diffusion ne prive personne et qu’on contraire, elle valorise socialement celui qui l’émet ?

    L’impossibilité de rémunérer les contributeurs

    On ne crée rien ex-nihilo. En dehors du secteur primaire, toute production s’appuie sur création antérieure mais pouvons-nous toujours identifier les sources de nos créations ? Le fabricant de voitures a payé ses fournisseurs en amont qui eux-même ont dû régler leurs partenaires. De cette manière, tous les contributeurs de la chaîne de valeur ont été rémunérés. Mais si je vendais ce billet, me faudrait-il en reverser une part à ma maitresse de CP qui m’a appris à écrire ? Aux auteurs des liens que je cite ? A tous ceux qui m’ont inspiré d’une manière ou d’une autre ? Aux inventeurs de la langue française ?

    Ce sont des millions de personnes qui ont en réalité façonné cet article, et qui mériteraient rétribution. Mais il serait impossible de dénouer l’inextricable enchevêtrement d’intervenants qui sont entrés dans ce processus de création. Du reste, il serait assez déprimant de tenter de chiffrer l’apport de chacun…

    Il y’a donc une injustice fondamentale à vendre à son seul profit, quelque chose qui a en réalité été produite par des communautés entières…

    Est-ce cela qui fit dire à Picasso que les bons artistes copient et que les grands artistes volent ?

    greatArtist

    L’impossible estimation des prix

    La dernière condition de l’échange marchand est la possibilité d’estimer la valeur d’une production et d’introduire une équivalence entre les produits.

    Déterminer un prix et introduire une équivalence monétaire entre les produits est une tâche déjà compliquée dans le cas d’un produit industriel. Elle a souvent été la cause de clashs entre économistes. Devons-nous valoriser les produits au travail incorporé dans leur fabrication ? Le prix n’est-il que le résultat d’une offre et d’une demande ? dans quelle mesure depend-il de la rareté ?

    Néanmoins, pour les produits industriels, certains critères objectifs peuvent faciliter la tâche. Un marteau par exemple est un bien standardisé et utilitaire qui ne pose pas d’insurmontables difficultés. Entre deux marteaux, nous pouvons plus ou moins estimer la qualité sur des critères objectifs (matériaux utilisés, montage plus ou moins solide), les fonctionnalités de chaque produit (taille et surface de la masse, arrache-clou ou non…) et fixer un prix minimum qui couvre les coûts de production.

    Mais si je décidais de vendre cet article, sur quels critères établir son prix ? Sur le temps que j’y ai consacré ? Cela n’aurait aucun sens … Sur sa qualité ? Mais comment la mesurer ? En comparant les prix de vente d’un article similaire ? Mais sur quels critères le comparer ? A minima, si j’avais un support matériel, un magazine papier par exemple, je pourrais à la limite fixer un prix et trouver une sorte de business model. Mais ce billet n’est qu’un assemblage de pixels, un simple petit courant électrique sans réalité physique …

    N’étant pas véritablement un avoir, ne fonctionnant pas sur le schéma manque/excédent et ne pouvant être estimée sur des bases suffisamment solides, on voit que la production intellectuelle ne saurait être soumise aux même lois d’échanges que celles qui prévalent sur le marché des biens et des services traditionnels.

    II) Comment valoriser la production intellectuelle ?

     

    Si vous êtes parvenu jusqu’à ces lignes et que vous aspirez à vivre du fruit de vos œuvres intellectuelles, artistiques ou culturelles, tout ceci pourrait vous paraître un peu décourageant.

    Nous parvenons à un point où l’on commence à réaliser qu’il n’y a plus vraiment de rétribution matérielle solide pour les productions intellectuelles.

    Mais ne désespérons point ! Cela ne signifie pas qu’il n’y a pas de formes de rétribution à la production intellectuelle ! Il existe d’autres manières d’être rétribué pour son travail, en voici quelques exemples :

    • retribution en visibilité
    • rétribution en réputation
    • retribution en confiance
    • retribution en connaissances
    • retribution en relations
    • retribution en amour-propre

    Certes, cela ne fait directement gagner de l’argent mais ces rétributions peuvent rapidement se transformer en apports matériels. Sans vouloir nécessairement chercher un « effet de levier » systématique entre l’activité de production intellectuelle, les répercutions du travail de production intellectuelle rejailliront sur vos activités complémentaires et pourront indirectement vous permettre de vivre mieux.

    Un musicien par exemple, ne peut plus se contenter de créer des chansons, il doit monter sur scène. Et l’on observe qu’avec la diffusion plus large, plus rapide et beaucoup moins couteuse que permettent les nouveaux médias, les recettes générées par les concerts à travers le mondeatteignent des niveaux exceptionnels.

    On remarque aussi que certains artistes amateurs ayant réussi à se faire remarquer pour leurs créations ont pu trouver grâce à leur notoriété et au soutien d’un public, de quoi vivre de leurs créations. L’humoriste Jon lajoie a commencé sa « carrière » en diffusant gratuitement desvidéos sur Youtube et remplit désormais des salles entières.

    En somme, ce qui devient difficile, c’est de  vivre uniquement  de ses oeuvres intellectuelles et de les vendre pour elles-même.

    Je me souviens d’un excellent article lu sur OWNI.  Guillaume Henchoz, un journaliste semi bénévole qui exerce d’autres activités rémunérées par ailleurs, comparait sa condition à celle d’un moine en défendant l’idée que « l’on peut pratiquer le journalisme comme un art monastique et bénévole, en parallèle -et non en marge- d’une activité salariée. »

    Ora et Labora (prie et travaille), c’est la devise des moines bénédictins. Une devise qui pourrait bien convenir aux acteurs de la production intellectuelle à l’heure numérique. Les moines n’attendent pas de rémunération matérielle pour leurs efforts spirituels.

    Ils récoltent des fruits de leur travail physique, de quoi subvenir à leurs besoins physiques et espèrent obtenir des fruits de leur travail spirituel et intellectuel de quoi nourrir les besoins de leurs esprits.

    Source : la mutinerie

    l'espace de coworking à Paris : la mutinerie


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