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‘Solutions de financement’ Category

  1. Les 5 premiers conseils de Mark Stolaroff

    mai 25, 2013 by admin

    1. Kickstarter ou IndieGoGo?

    Kickstarter! C’est l’une des premières questions que je me suis posé et ma réponse, même si elle n’est pas totalement objective (tout d’abord, je n’ai jamais lancé une campagne sur IndieGoGo),et je suis un inconditionnel de KICKSTARTER. Vous pourriez probablement aller regarder les statistiques quelque part qui comparent les plus grosses sommes d’argent levées pour les projets de films sur Kickstarter et pour tout vous dire, je ne sais rien de tout ça !

    Ma première recommandation est d’utiliser Kickstarter en tant que contributeur et comme créateur. Je pense en effet que l’interface Kickstarter a des kilomètres d’avance sur IndieGoGo tant pour le participant que pour le porteur de projet ; en réalité, surtout pour l’investisseur. Pour plusieurs types de projets, qui utilisent le même processus d’achat, Kickstarter est beaucoup plus adapté. Les mises à jour que vous recevez sur les projets sont également meilleures avec Kickstarter. Après avoir cliqué sur la plate-forme de Kickstarter pour voir les statistiques et garder une trace du projet, je peux vous dire qu’il est très bien conçu et s’améliore constamment. Ils ont même une super application iPhone. Mais voici la principale raison: vous allez obtenir plus d’ «argent venant d’inconnus » sur Kickstarter que sur IndieGoGo. Je ne peux pas vérifier cela, bien sûr, mais je suis convaincu que c’est vrai. J’ai demandé à chaque contributeur, de me dire comment ils ont connu et entendu parlé de notre projet et plusieurs personnes nous ont trouvé à travers la plate-forme – certaines pages fonctionnelles (comme les meilleurs progressions ou les projets les plus populaires), sur la page des recommandations de Kickstarter, d’autres utilisent aussi la recherche à travers les catégories. Le tableau de bord Kickstarter vous montre également cette information. Au moins trois contributeurs nous ont trouvés après avoir participé pour Veronica Mars. IndieGoGo pour sûr n’a pas de projet de Veronica Mars sur sa plate-forme.

    2- Lancement de la campagne avant ou après le tournage? Cela dépend ! désolé pour la réponse effrontée, mais ça dépend vraiment. Si vous avez un peu d’argent pour commencer votre film, j’aime l’idée d’utiliser Kickstarter pour la post production et la distribution, comme je l’ai déjà fait deux fois. Si votre histoire n’est pas facile à expliquer ou s’il n’y a pas une bonne raison pour que les  gens se mobilisent ontribuer à ce moment là lié à une actualité, ni de façon de relier les gens au projet, le fait d’attendre pour montrer quelque chose peut aider. Les gens vont toujours vouloir du solide – un film bien tourné, bien joué, bien écrit – quel que soit l’histoire ou le genre. Toutefois, si vous faites un documentaire avec une forte résonnance sociale, vous n’avez pas besoin de ces images pour « vendre » et communiquer sur votre projet à des amis et des partisans de cette cause. Ces types de projets se font très bien avant le tournage. Il y a une distinction importante entre ces deux types de projets. Les gens aiment se sentir utiles d’une certaine façon et de participer à la reconnaissance d’une cause ou à l’intelligence collective. Si vous suppliez les gens d’investir  dans un film de science fiction, d’horreur ou une comédie, que vous voulez absolument faire, beaucoup d’entre eux vont vous rejeter. Mais, si vous créez un film d’horreur original et attractif dans lequel les gens peuvent obtenir un avant-goût de ce que vous faîtes, ils vont vouloir faire partie de celui-ci.

    3-Choisissez votre objectif à bon escient.

    Je vous jure, certaines personnes définissent le montant qu’ils souhaitent demander selon le montant nécessaire pour terminer leur projet. Mais cela ne peut fonctionner comme cela ! Comme vous le savez, avec Kickstarter, il y a la règle du tout ou rien (c’est une des raisons pour lesquelles cela fonctionne si bien et ce, dans un temps limité). Mais vous devez regarder votre situation – le genre de projet, le montant des contributions apportés sur les autres projets et sur combien vous pouvez compter en touchant votre propre communauté, etc – et de déterminer un montant raisonnable et probable que vous pouvez augmenter. Il y a deux inconvénients à choisir le mauvais montant. Si vous prenez trop faible, il sera difficile de garder les gens motivés à continuer à pousser votre campagne une fois que vous élevez votre objectif (c’est ce qui s’est passé pour nous lorsque nous avions atteint notre objectif 4 jours avant la fin de la campagne). Mais c’est  toujours préférable à ne pas l’atteindre du tout. Non seulement vous aurez fourni un dur travail pour rien mais en plus vous serez  en difficulté pour débuter votre film (bien sûr, un échec n’est pas toujours négatif, il peut vous apprendre beaucoup, cela vous amène notamment à vous poser la question : les gens veulent-ils voir ce film, l’ai-je bien présenté, me suis-je vraiment bien engagé dans la campagne. Le scénario idéal est celui qui sort de l’ordinaire, qui est un peu hors du commun, avoir une communauté prête à vous aider et vous pouvez alors avoir une date limite à votre avantage pendant que vous vous battez dans les dernières heures pour atteindre votre objectif. J’ai vu des projets avec un objectif ambitieux réussissant à recueillir beaucoup d’argent grâce à leur engagement.  Rappelez-vous : certes, de nombreux projets ces jours-ci s’élèvent à des nombres à 6 chiffres, or ils ont tous des raisons très précises d’être en mesure de les obtenir. Mais vous n’avez peut être pas toutes ces raisons. Récolter 15.000 $ voire 10.000 $ peut être incroyablement difficile.

    4-Recommandations  à travers une vidéo. Comme je l’ai dit à maintes reprises dans mes cours, et je ne cesse de le répéter, faites une vidéo. Il n’y a rien de plus préjudiciable pour attirer un potentiel contributeur de ne pas avoir assez d’information sur votre projet. Pourquoi contribuerait-il si vous ne donnez pas d’information. Vous devez donner envie d’y participer et la vidéo est le meilleur moyen. Il y a quelques grands classiques de vidéos de crowdfunding ici (en voici une favorite récente). Certaines se propagent comme des virus, ce que l’on souhaite tous lorsque l’on réalise une vidéo sur le crowdfunding. Mais certaines sont difficiles à réaliser et parfois votre projet ne se prête pas à ce genre de traitement, ou peut-être que vous n’êtes tout simplement pas en mesure de poster la prochaine vidéo à succès. Ce n’est pas grave. Une vidéo ordinaire (comme la miennne) fonctionne parfaitement bien, même si ce n’est pas parfait. Il faut faire du mieux que vous pouvez sans vous tuer à la tâche ni même dépenser de l’argent. La notre semble, au mieux, passable (à certains passages, la vidéo parait très mauvaise). Cela serait super. Assurez-vous d’avoir un moyen de mettre un micro professionnel sur vos sujets (un VBL ou un micro sur une perche juste hors du cadre). Il est préférable que le réalisateur (entre autres) parle directement à la caméra et donc directement aux investisseurs potentiels. Ces vidéos fonctionnent mieux quand elles sont personnelles, honnêtes, authentiques et sincères. En réalité, la « performance » n’a pas à être parfaite. Cela dit, une bonne performance peut aller loin. Il est vraiment difficile de parler devant une caméra comme ça, beaucoup plus difficile qu’il n’y paraît. Henry dans notre vidéo est assez bon, mais tout ça c’est après de nombreuses prises et beaucoup de coupe (les plans de coupe / b-roll sont essentiels). En plus, Henry est un acteur professionnel. Si vous n’êtes pas face à la caméra, répétez. Travaillez vos textes jusqu’à ce que ça devienne bon. Nous n’avons pas eu le temps de le faire, mais si nous l’avions eu, cela nous aurait bien aidé. Comme je le disais, il faut pouvoir couper certains passages. Si vous avez déjà tourné votre film en utilisant votre métrage en tant que « b-roll », c’est idéal et ça marche très bien. Mais il y a toutes sortes de choses à couper. Regardez ce que nous avons utilisé dans la video de Jack et sur celle de Pig. Et je ne suis un grand technicien. J’ai posté celles-ci dans iMovie, vous n’avez donc pas besoin de dépenser de l’argent pour obtenir une vidéo décente. Le point le plus important de votre vidéo est de raconter l’histoire derrière l’histoire. Vous devez avoir une bonne histoire derrière l’histoire, parce que les amateurs et les passionnés (et c’est ce que vous essayez d’attirer) réagissent à ça. Parfois, cette histoire est plus intéressante que l’histoire dans votre film. Ma vidéo est-elle trop longue? Absolument! Kickstarter me dit que seulement 26% des personnes qui ont vu la vidéo l’ont regardé en entier.  Alors qu’est-ce que j’ai fait ? J’ai pensé à la stratégie à adopter. Qu’est ce qui va vous aider à faire de la communication au sujet de mon film ? Après que nous ayons dit de quoi traitait le film et quel était le message que nous voulions faire passer, c’est ensuite que nous l’avons annoncé à divers groupes qui je l’espère vont faire parler de notre campagne. C’est comme faire de la publicité.

    5- Recommandations  à travers le texte de présentation. La sagesse conventionnelle veut que les gens regardent votre vidéo en premier, ensuite peut-être votre présentation. On pourrait donc penser que l’on ne doit pas prêter attention au texte.  NON! Encore une fois, il s’agit de montrer que vous maitrisez votre sujet. Votre texte, même si personne ne le lit, devrait renforcer et élargir l’information que vous donnez à votre vidéo. C’est aussi le lieu pour obtenir des informations que vous n’avez pas eu le temps d’inclure dans votre vidéo. Il ne doit pas être trop long, mais il doit être convaincant et attrayant. Utilisez des graphiques (vous pouvez ajouter des images et des vidéos, et vous pouvez ajouter des images qui ressemblent à du texte, comme cette campagne l’a fait). Vous pouvez voir à partir de la mienne les informations que je pensais importantes : « de quoi parle le film, la genèse du film; les membres de l’équipe; à quoi les fonds seront utilisés, comment fonctionne Kickstarter, etc. Votre texte doit inclure tous vos liens et  informations pour bien faire passer le message, et j’aime aussi mettre en valeur certains succès ou réalisations, surtout si vous avez besoin de plus d’espace pour expliquer certains d’entre eux. Vous pouvez modifier le texte tout au long de la campagne mais une fois la campagne terminée, tout est verrouillé. Alors assurez-vous de faire vos ajustements de dernière minute avant la fin. En effet, ces pages vont rester sur la plate-forme et les gens continueront à découvrir votre projet même après la fin de la campagne. Donnez-leur des instructions sur la façon dont ils peuvent contiuer à vous aider ou collaborer en dehors de la campagne sur Kickstarter.

    Source : stage32.com/blog/10-Tips-to-a-Successful-Crowdfunding-Campaign-Part-I


  2. 10 conseils pour réussir une campagne de crowdfunding (Partie I)

    mai 23, 2013 by admin

     

    Je lis de plus en plus d’articles qui apportent ou essayent d’apporter des conseils aux porteurs de projets, l’article de Mark Stolaroff ( sérial crowdfunder) sur Stage 32 a attiré mon attention. A la fois pédagogique et complet, il apporte des réponses que se posent tous les créateurs.

    Je vous propose ci-dessous une traduction libre (réalisée avec les moyens du bord), c’est à dire par moi. Article est à l’origine déjà en deux parties, je vous proposerai l’article en trois parties pour plus de commodités.

    http://www.stage32.com/blog/10-Tips-to-a-Successful-Crowdfunding-Campaign-Part-I

    Introduction et présentation de Mark Stolaroff

    Mark, avant tout est un producteur indépendant, il est le cofondateur d’Antic Pictures, une société de production basée à Los Angeles, produisant du contenu numérique de haute qualité à petit budget. Il y a deux ans, il a produit le long métrage de science fiction  d’Henry Barrial, Pig. Après avoir fait parti de la sélection officielle de plus de 30 festivals à travers le monde, Pig a remporté 9 prix, dont 6 pour la meilleure interprétation. Avec l’oscarisé Ron Judkins, Mark Stolaroff a produit un troisième long métrage de Barrial,  True Love, qui a été reconnu  au Sundance  et a récemment animé le circuit des festivals. Il a participé notamment aussi à  The Trouble With Men and Women (2006, Producteur associé), Paper Chasers (2005, co-producteur), Manic (2001, Producteur associé), Some Body (2001, Producteur associé), Keep The River On Your Right: un conte de Cannibal moderne (2000, Producteur associé), et bien d’autres encore.

    (….)

    Mark est considéré comme un expert du cinéma à micro-budget, il est le fondateur de No Budget Film School, une série unique de cours spécialement conçus pour les cinéastes sans moyen financier.

    L’expérience de Mark comprend également deux ans dans une banque d’affaires chez Merrill Lynch Capital Markets et cinq ans comme directeur général du théâtre Curtains, un théâtre novateur qu’il a fondé à Houston. Le texan, Stolaroff a obtenu son BAA au sein du prestigieux « Business Honors Program » à l’Université d’Austin au Texas ainsi qu’une mention en production cinématographique. Il a réalisé à ce titre plusieurs courts métrages de 16 minutes.

    Plus récemment, Mark a terminé une autre campagne de crowdfunding fructueuse pour The House That Jack Built qui a inspiré la série qui commence ci-dessous. Enfin, un autre film Mark had a hand in, Farah Goes Bang, sera présenté en première au Festival du Film de Tribeca la semaine prochaine.

    Bref, rien ne pourrait mieux marcher pour Mark …Il a décidé de partager son expéricnce :

    Achevant ma campagne Kickstarter pour mon nouveau film The House That Jack Built, ma seconde réussite, je voudrais une nouvelle fois partager avec vous les quelques connaissances que j’ai acquises. Ayant également consulté plusieurs campagnes, sur plus de 70 campagnes Kickstarter / IndieGoGo et la visite d’innombrables autres sites, je pense être bien placé pour donner des conseils.

     


  3. L’AMF ET L’ACP REAGISSENT ENFIN EN PUBLIANT UN GUIDE DU FINANCEMENT PARTICIPATIF

    mai 16, 2013 by admin

    L’ACP et l’AMF ont constaté le grande diversité des modèles de financement participatif et de services offerts. Afin de faciliter la compréhension du mécanisme et de la réglementation de la finance participative, L’ACP et L’AMF ont rédigé un guide complet reprenant les textes relatifs à chaque pan d’activité de crowdfunding réalisées sur le territoire français.


  4. Sortie du film El Cosmonauta en salle – Les 7 leçons que l’on peut tirer de cette réussite

    mai 14, 2013 by admin

     

    C’est autant de conseils que pourraient donner l’équipe du film et que peuvent méditer tous les créateurs ou porteur de projets innovants.

     

     

    L’équipe vous explique le projet avec enthousiasme, suivez-les…


    Première chose à faire, bien s’entourer :

    La réalisation du projet « El cosmonauta » est avant tout une aventure humaine, près de 30 personnes collaborent ou ont collaboré ponctuellement au développement du film. Tous se sont investis sans compter pour la beauté du projet, tous ont accepté de différer leur paiement pour permettre au projet de naître et de grandir.

    Comme l’équipe dirigeante de Riot Cinema Collective, composée de Carola Rodriguez, Bruno Teixidor et évidemment de Nicolas Alcalà, vous devez pouvoir vous entourer d’un réseau de personnes de différentes compétences qui en leur laissant toute liberté pourront donner leur meilleur.

    Ils savent comment fonctionne le milieu de cinéma et ont une vision claire de ce qu’ils souhaitent faire :

    Les négociations dans le milieu du cinéma sont très durs, des centaines de projets tous aussi bons les uns que les autres meurent sur le bureau de producteurs. Réussir à réaliser son projet pour un jeune réalisateur, d’une manière « classique » en bénéficiant des subventions est devenu presque impossible. Très rapidement, ils ont compris que produire d’une manière indépendante était la seule façon de réaliser ce projet. Utiliser internet est aussi pour eux le moyen de se démarquer, d’attirer la lumière dans un contexte difficile, tout en sachant que les risques sont calculés. Bénéficier du soutien des internautes a permis de commencer à mettre les choses en marche et de s’affirmer face aux productions classiques.

    Ils ont repéré une tendance, et embrasse le changement.

    Depuis longtemps, ils ont cette vision, internet n’est pas un frein, mais au contraire un outil formidable de promotion et de diffusion. Ils souhaitent ainsi être les premiers à démontrer que l’on peut bousculer le modèle traditionnel de production et de diffusion et réussir à faire du cinéma comme on le souhaite et en diffusant son film comme on aime les voir.

    Dans un contexte où l’industrie cinématographique est confrontée à un bouleversement, à une totale remise en question de la manière de consommer et de diffuser ses produits et ses films. Pris de panique, elle a longtemps cherché à se défendre et à criminaliser les internautes (à travers les lois sinde en Espagne ou Hadopi en France). Les jeunes producteurs pensent au contraire qu’il ne sert à rien de lutter contre la consommation ou contre la liberté qu’offre internet, comme dans d’autres domaines notamment le musique, ce sont les producteurs de films qui doivent chercher de nouveaux modèles économiques et s’adapter. C’est pour cela qu’ils proposeront pour la première fois, gratuitement, l’intégralité du film en téléchargement sur internet.

    Ils comprennent que le contenu est roi

     

    Il ne sert à rien de promouvoir les nouveaux modes de financement et de diffusion, si c’est pour faire un film de piètre qualité. Le meilleur moyen de montrer ce que l’on sait faire, c’est de le faire, même si l’on a peu de moyens.

    Le premier teaser et les premiers documents explicatifs ont tout de suite étaient appréciés et les internautes ont tout de suite compris ce qu’ils souhaitaient faire.

     

     

    Quatre mois seulement après, mille producteurs les soutiennent déjà et ils signent avec des investisseurs privés (investissement minimum 1000 €).

    Ils connaissent la valeur d’un réseau social

     

    Les réseaux sociaux, Twitter et Facebook ont ça de formidable, Postez quelque chose de qualité et de valeur sur eux et cela se répandra comme une traînée de poudre, même aux personnes non liées au préalable avec vous.

    Aujourd’hui, le film compte déjà plus de 4000 amis sur Facebook et plus de 2000 followers sur Twitter.

    L’important est de toujours s’appuyer sur la philosophie que l’on s’est donné, de commenter et partager les décisions que l’on peut prendre avec la communauté. Cela permet évidemment d’acquérir une certaine confiance et légitimer les actions menées et d’aller toujours plus loin dans la réflexion.

    Grâce à la communauté des internautes, dont ils ont  pu tirer une certaine légitimité… ( en le finançant, on peut être sûr qu’il souhaite le voir, non ? ). Ils ont pu très rapidement attirer l’attention des médias et des investisseurs.

    Autopromotion est nécessaire

     

    Dans le monde moderne, c’est une nécessité. Le projet  « El cosmonauta » aurait pu être un autre projet indépendant de science fiction, que malheureusement personne ne voit. Ils ont très vite compris la puissance marketing et de communication d’un tel projet dans un contexte de lutte contre le téléchargement illégal et de crise du cinéma. Ils sont très vite apparus comme un  contre modèle, comme une alternative à la répression.

     

    Ils embrassent le changement en favorisant le partage et la liberté

     

    Les lois anti téléchargement ne sont pas la solution et culpabiliser les internautes ne l’est pas tout autant.

    Probablement la leçon la plus importante à retenir, est qu’ils arrivent à démontrer qu’aujourd’hui plus que jamais on peut innover grâce à internet. La promotion et la diffusion est vitale pour le cinéma, il faut aller chercher les spectateurs où ils sont.

    Ils ont reçu d’ailleurs dans cette démarche un soutien important en la personne d’Alex de la Iglésia, qui lors du discours à la cérémonie des Goyas 2011, n’a pas hésité à présenter internet comme l’avenir du cinéma. ( Ce qui de la part du président de la cérémonie a un peu provoqué la polémique, vous pouvez vous en doutez, je vous invite à voir cela  )

    Voici la vidéo

    Discours d’Alex de la Iglesia au Goya 2011.

     

     

     


     

     


  5. Cinéma, internet et chronologie des médias, « El cosmonauta » en simultané à la télévision, en salle et sur internet !

    mai 13, 2013 by admin

    Le grand défi du cinéma à l’ère du numérique demeure l’adaptation de la chronologie des médias. Même si certaines expériences de diffusion simultanée multisupports ont rencontré un réel succès, il n’empêche qu’elles restent exceptionnelles et ne justifient pas forcément de jeter le bébé avec l’eau du bain.

    Prenons par exemple, le film Home. Diffusé gratuitement sur YouTube 10 jours avant sa diffusion TV et sa distribution DVD simultanée, le film a rencontré un réel succès auprès du public. Mais il faut garder à l’esprit que sa production avait été principalement financée par le mécénat et qu’il s’agit d’un film particulier. Un autre exemple qui est revenu régulièrement tout au long de la conférence : L’année de la jupe, diffusé simultanément en salles et à la TV. Financé par la télé, il est apparu que la distribution cinéma n’a pas été cannibalisée par la diffusion TV.

    Les salles seraient-elles vouées à disparaître ? Une chose est sûre, à force de vouloir se protéger, l’industrie cinéma risque de s’enfermer dans son tombeau, chose que l’industrie de la musique commence à peine à le réaliser.

    Envisageons d’abord la distribution

    Internet est-il le nouvel espace de liberté ?

    Internet est un outil formidable pour les créateurs ambitieux, souhaitant créer en dehors du système classique. Beaucoup de réalisateurs doivent faire face à une concurrence impitoyable. Faute de distributeur, beaucoup sont morts sans même être vu, internet offre l’opportunité d’aller à la rencontre de son public, de sortir du circuit classique, de se départir de la nécessité d’un distributeur et d’être diffusé certes d’une manière plus sauvage, mais d’être vu…

    Je reviens pour commencer sur deux beaux exemples portés par des artistes, qui ont fait d’internet leur principale arme et dont la science de la communication et du teasing pourrait être érigé en art.

    Four Eyed Monsters est un long métrage dirigé par Arin Crumley et Susan Buice. C’est sans doute l’un des meilleurs exemples de ce que peut permettre le partage sur internet. Le projet débuta en 2004 et sortit en 2006. Durant cette période, les cinéastes réalisèrent neuf web épisodes téléchargeables sur Itunesstore. Chaque épisode a été visionné près de 50 000 fois.

    Dans cinq villes des Etats-Unis, Ils organisèrent des projections en avant-première pendant le mois de septembre, (un jeudi qui plus est sur toute une journée). Cela s’est soldé par une belle réussite, au total 1691 personnes ont assisté aux séances, ce qui représente une moyenne de 70 personnes par projection, alors que la moyenne pour un film indépendant est de 7 personnes par projection. Permettre aux internautes de visionner leur travail en amont a alimenté le bouche à oreille, à favoriser la création d’une communauté. Les gens se sont déplacés pour voir le film, même s’il était disponible sur internet. Ensuite, ils ont obtenu le prix du festival Hidden Gems qui leur permit de présenter leur film dans 31 salles pendant la période de la Saint Valentin, pour un chiffre d’affaire de 13 253 $.

    Afin de rentabiliser le film, (qui coûta 100 000 $ selon les derniers chiffres), ils le diffusèrent sur You Tube et s’associèrent au site musical Spout.com, ainsi pour chaque membre  inscrit en passant par eux, ils recevaient 1$. Four Eyed  Monsters utilisa donc un modèle de financement participatif indirect. Même si je ne suis pas totalement convaincu par ce dernier modèle de financement, il y a des pistes à creuser qui vont dans ce sens, cela peut être une source de financement complémentaire intéressante.

    En France, nous ne sommes pas en reste avec  Vincent Moon, réalisateur français qui utilise également beaucoup internet pour financer et diffuser son travail. (Efkterlang, petites planètes). Il appuie quant à lui sur un autre levier pour amener les gens à voir son travail. Le porteur du concept de la blogothèque, a construit un événement autour de la diffusion de son dernier film An Island. En s’inspirant tout simplement des concerts live où une alchimie et une rencontre se réalisent parfois avec le public, il a organisé des séances privées de visionnage. Je vous rappelle le principe qui est somme toute assez simple, tout le monde pouvait organiser une projection du film à partir du moment, où celle-ci s’organisait dans un lieu pouvant accueillir au minimum 5 personnes et que l’entrée soit gratuite. Le choix du lieu était totalement ouvert, cela pouvait être chez soi, dans une bibliothèque, ou encore dans un bar.

    Créer l’événement : pour favoriser le partage et la création de valeur. 

    Aujourd’hui, ce film est disponible en téléchargement, en DVD et en Pack Deluxe. La possibilité est même laissée de faire un don, si l’on a déjà eu la chance de voir le film. Place au partage et à la valeur ajoutée sur cette page. On peut donner ce que l’on veut pour télécharger le film et le Pack DVD disponible en jette vraiment, une petite vidéo de présentation, vous laisse entendre, que vous allez acheter un vrai objet de collection.

    Pour découvrir la vidéo sur le pack, elle est disponible sur le site et sur Flickr

    El cosmonauta

    Pour tout savoir sur la production et la distribution du film, vous pouvez télécharger le plan d’affaire sur leur site 

    Le film va être visible en même temps sur Canal plus Espagne, en salle lors de grandes fêtes et rencontres à Madrid et Barcelone et évidemment sur internet.

     Extrait et suite sur le blog du cosmonaute

    Ils ont toujours souhaité que le spectacteur puisse voir leur film, où il veut, quand il veut et comment il veut

    En fait, je souhaite qu’il en soit ainsi pour tous les films. Il est difficile de maintenir un système basé sur la rareté lorsque l’on trouve tout ce que l’on veut sur internet.

    Passage d’une économie de la rareté à une économie d’abondance.

    Les raisons sont nombreuses et diverses, certaines plus morales ou philosophiques que les autres, mais la réalité du numérique s’imposent et mettent à mal les anciens systèmes de distribution de films.

    La fin de la chronologie des médias annoncée ?

    Avant le film avait quatre vies, d’abord dans les salles, puis quelques semaines plus tard en DVD, puis  en payperview ( télévision payante ) et enfin bien plus tard sur la télévision gratuite. Mais ce modèle basé sur la télévision n’a presque plus de raisons d’être, tout simplement parce que le web apporte de nouvelles habitudes de consommation de film.

    Avant l’exploitant et le distributeur pouvaient se mettre d’accord et trouver un terrain d’entente. Mais avec Internet, le terrain change, les règles doivent changer aussi. Le web fait entrer un nouvel acteur l’internaute-spectateur. Internet est un outil hyper-puissant, lorsqu’il est utilisé à bon escient, il peut faire de grande choses, à l’inverse il peut détruire aussi, mais ce dont on est sûr c’est que lorsque vous avez découvert ses possibilités..Il est impossible de revenir en arrière.

    Nous en avons pris conscience très tôt et avons décidé d’au lieu de lutter et d’aller contre l’évolution, que nous pensions inévitable, nous avons décidé d’embrasser le changement et de profiter des nouveaux atouts et possibilités qui s’offraient à nous…

    C’est pour cela que notre film sera visible partout en même temps 

    Source :  http://www.elcosmonauta.es/blog/


  6. La Culture « Makers » comme mode de pensée et le partage comme philosophie

    mai 9, 2013 by admin

     

    Séjour à Barcelone et sortie mondiale du cosmonaute oblige, je ressors et met en en lumière ce projet qui me tient à coeur.

    elcosmonauta

    «  On n’a pas d’argent, mais on a des choses à dire. A montrer. A partager »

    Derrière cette vague créative, il y a une volonté également de jeunes professionnels qui n’est pas encore véritablement pris en compte par les instances publiques comme le Centre National de la Cinématographie, d’affirmer son indépendance et de réaliser les films qu’ils souhaitent, comme ils le souhaitent sans carcan. Avoir à l’esprit de franchir une nouvelle étape au cinéma indépendant,  faisant en sorte que le terme « indie » ne soit pas aujourd’hui uniquement un qualificatif pour ranger les films dans une case. Au cours des quinze dernières années, le monde du cinéma a fait d’énormes efforts pour démystifier le processus de production et donner accès au cercle fermé du financement et de la distribution. C’est un premier pas, mais elle n’a pas donné aux cinéastes l’indépendance, le  vrai pouvoir de faire le film qu’il souhaite. Courir après le financement et essayer de mieux comprendre les subtilités de la production ont sans nul doute distrait la profession et tout particulièrement les jeunes réalisateurs indépendants de ce qu’ils devaient véritablement entreprendre.

    Je reprends les propos de Ted Hope qui n’a pas hésité à pousser un cri et qui résume assez bien l’état d’esprit actuel d’un certain nombre d’acteurs du monde du cinéma indépendant.

    « nous avons appris à faire des films et la façon de les mettre sur le marché, c’est à notre génération de franchir une nouvelle étape en s’adjugeant la commercialisation et la diffusion des films, pour réussir à les faire comme on le souhaite et à les voir comme on souhaite les voir. Evidemment, nous avons aujourd’hui plus de possibilités et il n’y a jamais eu autant de films, mais ce n’est pas encore la liberté. Nous devons assumer la responsabilité de raconter des histoires uniques d’une manière unique. Nous nous voulons innovateurs et révolutionnaires, mais cela nous vaut des responsabilités supplémentaires. C’est à nous de prendre notre avenir en main, de mieux connaître les attentes du public, d’aller à leur rencontre et de leur permettre de choisir, d’une manière intelligente. Pendant quinze ans nous avons transposé des modèles économiques existant, plutôt que d’avoir développé un modèle propre au cinéma indépendant en adéquation avec notre vision. Nous sommes à l’aube d’une culture cinématographique libre et gratuite, mais il est nécessaire de remettre en cause les fondements de l’industrie cinématographique, ne pas avoir peur de renoncer à la gloire, et cesser de demander aux autres de distribuer et commercialiser pour nous ? Si l’on possède la liberté de pouvoir raconter les histoires que nous souhaitons, nous devons réfléchir et travailler ensemble à un espace pouvant les accueillir. Nous devons nous éloigner du rêve de gagner les oscars pour fonder une communauté de cinéma libre. Nous devons prendre conscience que le développement de cette culture libre nous engage sur un chemin très différent et loin du prestige qu’offre les productions spécialisées indépendante, mais nous y gagnerons ce qui n’a pas de prix, la fin de l’autocensure.  Mais pouvons-nous accepter que d’être cinéaste, c’est prendre la responsabilité totale de nos films, de la production à la distribution et la promotion ? L’indépendance est à notre portée, mais nous devons faire ce que nous avions jamais fait auparavant: nous devons choisir !

    Repenser l’économie du cinéma indépendant et offrir ce que nous pouvons faire de meilleur à une audience désireuse de nouveautés et d’expériences est la plus belle des victoires…

    l’autoproduction n’est  plus l’apanage d’artistes en herbe mais devient le modus operandi d’un nombre croissant d’artistes établis, confrontés à la réduction drastique des opportunités qui se présentent à eux dans les maisons de production. Ils s’accaparent les nouveaux moyens de production et diffusion qui apparaissent pour tirer leur épingle du jeu et conserver toute leurs libertés d’action et de création.

    L’actuel modèle économique de l’industrie audiovisuel s’appuie sur des consommateurs qui ne font pas de choix, qui agissent par impulsion et consomment ce qu’on leur propose (télévision broadcasting) et qui répondent à leur besoin. Nous devons leur donner les moyens de faire des choix. Le numérique leur offre la possibilité d’avoir accès à un contenu exceptionnel, mais pour pouvoir choisir d’une manière intelligente et non impulsive, il faut pouvoir rechercher selon ses goûts et savoir où chercher en s’appuyant sur sa culture. Lorsque nous ne verrons plus les internautes comme des ennemis, que nous les impliquerons dans les processus et ne seront plus considérés comme des consommateurs, les choses changeront et le cinéma retrouvera de la valeur à leurs yeux. Nous allons pouvoir atteindre un public avide de nouvelles expériences et d’émotions.  Nous pourrons nous laisser guider, car pour la première fois, nous pouvons être en contact réel avec eux grâce aux réseaux sociaux, dépassant la simple relation de vendeur consommateur.

     Ainsi une nouvelle fois le problème du cinéma indépendant, au-delà de la difficulté de pouvoir se financer, c’est de trouver son public. D’où la nécessité (très bien comprise par cette nouvelle génération) de trouver une nouvelle façon de financer la création, mais aussi de pouvoir se faire connaître et être diffuser. Il s’agit non pas uniquement une question de financement ou de perte financière comme essaye de le faire croire l’industrie, mais aussi une question de diffusion. C’est une stratégie globale de financement et de diffusion qu’il convient d’inventer et de mettre en place.

    Le projet de long métrage espagnol « El cosmonauta » fondé sur la participation des internautes, du co-financement au processus créatif et à la diffusion est pour moi  emblématique de cette vision globale qu’il faut adopter.

    Ce  projet de cinéma porté par une jeune société de production madrilène, Riot Cinema, est caractéristique de ce nouveau courant, s’affirmant grâce à internet et s’appuyant sur le public pour exister. De cette nouvelle stratégie gagnant-gagnant émerge un nouveau modèle plus créatif, plus libre et complètement adapté au spectateur.

    Les trois membres de Riot Cinéma Collective voient plus loin que la protection des droits d’auteurs contre l’utilisateur, en s’appuyant sur les nouvelles tendances et les nouvelles habitudes de consommation amenés par internet comme la prise de pouvoir des consommateurs, la libéralisation des contenus et la recherche de l’expérience et de la valeur ajoutée. Mais comment envisagent-ils concrètement le financement de la création ? Alors que la chaine de financement classique s’enraye, à qui pourra-t-on s’adresser pour financer un long métrage, lorsque l’on sait que le budget moyen tourne autour de 2,5 millions d’euros ? Les chaines de télévision affaiblies par la chute des revenus publicitaires ne sont déjà plus dans la course, s’adresser directement aux internautes est-il possible et cela suffira-t-il ? Un modèle économique s’appuyant sur la libéralisation du contenu est-il viable ?

    La révolution numérique a totalement bousculé le modèle économique du cinéma. A travers le projet « El cosmonauta », ils nous démontrent que développer un long métrage de science fiction loin de l’industrie est possible. En redéfinissant le modèle de production et de diffusion, ils ont réussi à s’affirmer et s’exprimer librement. Ils répondent à de nombreuses questions laissées en suspens par la lamination du circuit indépendant par la crise.

    Ils écrivent une nouvelle page de l’histoire du cinéma indépendant et l’espoir de voir émerger et s‘épanouir une culture libre demeure.

    Une nouvelle histoire s’écrit à laquelle Hitchcock aurait sans nul doute aimer participer

    Les moyens financiers seront forcément moindres que dans des productions classiques ou sans l’appui de noms prestigieux. Cependant il s’agit de prendre de court les grands studios grâce à l’état d’esprit frondeur et solidaire des communautés d’utilisateurs de réseaux sur Internet. Les mêmes qui piratent les blockbusters seront finalement ravis de participer à des projets qui les rendent acteurs d’une véritable aventure artistique.

    Une nouvelle dynamique que n’aurait pas renié Alfred Hitchcock, lui  qui expliquait qu’il était prisonnier des compromis financiers et commerciaux :

    « Que se passerait-il si l’on donnait à un peintre une toile vierge qui a elle seule vaudrait un million de dollars, une palette de 250 000 dollars, 300 000 dollars de pinceaux, une boîte de couleurs de 750 000 dollars et qu’on lui dise ensuite de faire ce qu’il désire selon son inspiration, mais sans perdre de vue que le tableau terminé doit rapporter 2 300 000 dollars ? »

     

     

     


  7. Cinéma indépendant : l’autoproduction et « autodistribution » comme solutions grâce à internet !

    mai 7, 2013 by admin

    Une nouvelle génération de jeunes cinéastes prennent, pourrait-on dire le contre-pied de ce que font les studios et les majors, en faisant le choix de l’ouverture et du partage. Ils prennent des initiatives, explorent de nouvelles pistes et n’ont pas peur d’exploiter tout ce qu’offre les nouvelles technologies pour développer de nouveaux modèles économiques et trouver une alternative au tout répressif. Ils s’affirment et s’expriment en toute liberté en s’appuyant sur leur public et en utilisant des nouvelles solutions de financement et de partage comme le crowdfunding et les licences Creatives Commons.

    L’autoproduction et «  autodistribution » comme salut grâce à internet.

    «  Nous avons le pouvoir de tout réinventer avec cet outil spectaculaire qu’est internet. Nous avons les moyens en restant au contact du public de développer un vrai cinéma indépendant. »

    Ces jeunes réalisateurs souhaitent voir en ces chamboulements, l’opportunité d’un changement et l’occasion de développer un vrai cinéma indépendant. Ils prennent conscience qu’ils sont à l’aube de pouvoir connaître une culture libre, où pourra régner le partage et où la créativité sera à l’honneur. Aujourd’hui, si quelqu’un veut tourner, grâce au numérique, il peut tourner. Vite. Tout de suite. Mais alors qu’ils sentent à peine le souffle de la liberté, la flamme peut déjà s’éteindre par l’intervention de forces contraires et contre-productive des grands producteurs, qui préfèrent mettre des barrières, limiter et maintenir un système obsolète. Le principe, selon lequel toutes les informations, que cela soit celle des créateurs ou du public soient traités de la même manière au sein de la toile, que l’on appelle communément « neutralité du web » est déjà en danger. Les entreprises de télécommunication, médias, les grands studios hollywoodiens tentent de se maintenir en haut de l’échelle.  Leur modèle datant de la révolution industrielle du XIXe siècle, basé sur l’accumulation capitaliste et une économie de la rareté, est largement remis en question sous la poussée de forces technologiques mais aussi sociales (fin des hiérarchies traditionnels, communautarisme, prise de pouvoir des consommateurs et apparition de nouvelles valeurs comme l’investissement éthique).

    Artistes entrepreneurs, jeunes adeptes du DIY, collectifs d’artistes, le monde d’après la crise est entre leurs mains et l’avenir leur appartient.

     Ils n’ont pas encore toutes les solutions, mais souhaitent prendre leur destin en main et s’émanciper du système grâce à internet. Face aux évolutions d’usages et aux nouvelles habitudes de consommation medias, il faut établir de nouvelles règles, nous changeons de terrain, changeons de stratégie. Ce nouveau modèle ne se fera pas sans le public et tout particulièrement les internautes. Ils ne voient justement pas les internautes comme des ennemis et s’insurgent même contre la criminalisation du téléchargement, qui est devenu une habitude de consommation. Comme n’hésite pas à le dire l’un des meilleurs représentant de cette nouvelle vague,  Nicolas Alcàla, le réalisateur d’El Cosmonauta : « Ne permettons pas que l’industrie du divertissement, utilise le droit d’auteur, créé pour protéger la création et les auteurs, pour limiter l’accès à la connaissance. Internet réussit là où échoue les ministères culturels publics, c’est-à-dire promouvoir et diffuser la culture. Un film sans public n’a aucune valeur, ce sont eux qui donnent un sens à ce que nous faisons, nous ne devons jamais l’oublier. Ils ne peuvent être considéré comme des criminels parce qu’ils prennent ce qui est à leur portée. Et si la majorité ne va plus au cinéma, c’est à nous de nous adapter. S’ils préfèrent voir notre travail sur un ordinateur, à nous de leur proposer ce qu’ils veulent tout en leur rappelant que nous n’existons que par eux. Les contenus doivent aller où se trouve le spectateur et la seule chose que nous devons faire c’est de leur faire accepter nos nouvelles règles en leur proposant de la valeur ajoutée. Il faut leur donner envie d’acheter et de vivre une expérience, mais cela ne peut se faire par une contrainte imposée par des lois répressive.»