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septembre, 2011

  1. How to free culture : il est temps de choisir…

    septembre 26, 2011 by admin

     

     

    Le cinéma indépendant se réinvente en s’ouvrant au partage et à la gratuité

    Les technologies de l’information et de la communication ont révolutionné notre rapport à la connaissance et à la création. Ces technologies, en particulier Internet, offrent des possibilités inédites d’expression, d’échange, d’innovation.

    La facilité d’accès à l’information, sa disponibilité en temps réel, forums, blogs et autres réseaux sociaux a profondément modifié notre rapport au savoir, à la culture…

    Cette rupture de nos modes d’être, de penser et d’agir est paradoxale.

    En effet ce nouvel espace nous confronte à deux tendances opposées. Il va nous falloir faire un choix. D’un côté l’extension du domaine du possible, de la liberté. De l’autre la mise en place d’un contrôle renforcé menaçant de transformer cette liberté en servitude et le maintien de schéma obsolète au détriment d’un bouillonnement salvateur.

    Pour que progrès ne rime pas avec utopie. Pour libérer les potentialités d’une telle évolution tout en se prémunissant des risques auxquels elle nous expose.

    Il va falloir faire un choix entre une idéologie dominante et de plus en plus pesante cristallisée par la loi Hadopi en France, qui s’acharne à défendre coûte que coûte un modèle économique essentiellement basé sur le contrôle de la copie des oeuvres après leur publication.

    Et une autre refusant la répression et l’atteinte aux libertés fondamentales de l’internaute, s’appuyant notamment sur une nouvelle notion du droit d’auteur, avec les Licences Creative Commons, qui mettent au contraire à profit l’intelligence collective en favorisant le partage et la liberté et qui voit dans cette crise de l’industrie, justement l’opportunité de développer un cinéma indépendant avec son propre modèle économique.

    J’ai été présent aux côtés des membres de Riot Cinéma pendant 6 mois, j’ai pu voir grandir, vivre, douter et enfin se réjouir du futur tournage du film. Nous ne savons ce que sera le film, mais l’on sait déjà que le projet et le lancement du tournage a réussi.

    Le pari est de permettre aux gens de voir le film comme ils souhaitent le voir, et ainsi espérer que les spectateurs seront prêts à le voir en salle d’une manière augmentée, c’est à dire en ayant bénéficié des apports du transmédia. Une volonté affichée de faire évoluer le modèle classique de financement et de diffusion d’un film, qui s’appuient également sur le crowdfunding et les Licences Creatives Commons.

    Le choix de la libération du contenu ne signifie pas la gratuité, l’internet gratuit n’existe pas, mais la réussite du projet  » El cosmonauta  » démontre qu’il existe un autre système au-delà de la vente de la copie privée.

     

     


  2. Le passage d’une économie de la rareté à celle de l’abondance…

    septembre 25, 2011 by admin

     

     

    Comment faire payer ce que l'on a disposition ?

    Voici un sujet que je vais aborder dans mon livre et que je développerai plus longuement des exemples supplémentaires.

    Comment l’on monétise aujourd’hui le contenant et non plus le contenu…(?)

    On le sait, la situation économique de la presse, qu’elle soit papier ou online, est précaire. Avec Internet et l’ogre Google, nous sommes passés à l’ère de l’abondance. Il suffit de taper un mot dans le moteur de recherche et nous nous retrouvons avec de multiples occurrences, certes de différentes qualités. L’économie de l’attention et celle de la recommandation ont fortement bousculé les hiérarchies et laissés (les grands) médias face aux murs de la gratuité.

    La valeur ajoutée dans la présentation de l’information.

    Aujourd’hui, la valeur se déplace des contenus vers l’attention que les individus sont susceptibles d’y porter, compte tenu du temps limité dont ils disposent et de la masse d’informations qu’ils ingurgitent chaque jour. La valeur ajoutée dans le domaine de l’information se déplace donc vers les interfaces, mettant en valeur et permettant d’enrichir le contenu et son usage : c’est à dire vers le contenant et la stratégie de diffusion. (je vous invite à consulter le site OWNI et QWIKI, de vraies nouvelles expériences d’information. )

    La métaphore de l’horloger de Nicolas Voisin

    On ne paye pas l'heure ou l'eau

     

     

    Nicolas Voisin, fondateur d’OWNI, est revenu sur l’économie de l’information, en posant cette question : « avez-vous déjà acheté de l’heure ». S’appuyant sur la métaphore de l’horloger, il démontre de façon très convaincante en quoi ce qui devient important et ce pourquoi l’on paye n’est pas tant le contenu, qu’il s’agisse de l’heure ou de l’information, mais le contenant, ce qui va mettre en scène l’information ou l’heure, la mise en forme des données autant que la montre. Voici sa démonstration, qui retranscrit très bien sa vision.

     » Vous avez acheté une montre ? Cet achat ne s’est pas fait au prix de l’heure mais à la valeur que vous donnez librement à son contenant, à « l’objet montre ». et pour cause, l’heure est abondante, standardisée, « gratuite ». Nous sommes concepteurs, designers, fabricants et distributeurs de « montres ». Horlogers de l’information. L’application et l’interface à valeur ajoutée peuvent apporter à l’économie des médias ce que l’horlogerie a su créer de richesse en donnant un accès privilégié à l’heure, une information chaque jour plus abondante et nécessaire « .

    Qu’est-ce que cela implique dans le domaine artistique et culturel ? Les intermédiaires vont-ils disparaître ?

    Je ne pense pas…

    Pourquoi cela ? Parce que le rôle des intermédiaires est loin d’être compromis, il est illusoire de croire que le public pourra entrer directement en contact avec les créateurs lorsque les œuvres foisonnent…

    C’est là qu’interviennent de nouveau, les intermédiaires, ils doivent se poser à l’ère des réseaux sociaux comme médiateur entre les créateurs et le public. Les producteurs n’ont quasiment plus ce rôle de « filtrer » la création en amont, j’en veux pour preuve également l’éclosion de Grégoire grâce au label participatif de MyMajorcompany.com. Ils n’offrent plus le sésame, ce statut d’artiste.

    Focus sur les éditions Kitsuné, qui ont réussi à prendre très tôt ce virage nécessaire, pour devenir une référence de ces intermédiaires d’un genre nouveau…

    Ainsi si des intermédiaires sont encore nécessaires, c’est donc pour mettre en place une stratégie de communication, presque de « branding » autour de l’artiste, créer des évènements, de la valeur ajoutée pour permettre aux artistes de se rendre visibles parmi la profusion d’images auto-produites. L’objectif ne sera plus de vendre, mais de faire émerger des communautés sur les réseaux. L’exemple du label Kitsuné est intéressant pour mettre en perspective cette nouvelle dimension des labels. Depuis 2001, en plus d’être un label musical indépendant, Kitsuné a diversifié ses activités (création d’une ligne de vêtements, organisation d’évènements). L’éditeur assure aussi la promotion en ligne des artistes qu’il soutient auprès des communautés musicales sur les réseaux sociaux, comme Myspace. Le profil Myspace de Kitsuné regroupe plus de 80 000 fans, formant un vivier considérable, auprès duquel des actions de médiation peuvent être lancées à une large échelle. Ne l’oublions pas la création de communautés n’est pas une fin en soit, comme dans tout modèle, l’important est tout de même de générer des rémunérations. Mais la copie n’est plus le nerf de la guerre, n’est quasiment plus une source de revenu, évidemment de la musique sur support pourra toujours être vendu (comme des vinyles par exemple, qui offrent une vraie valeur ajoutée, d’où son retour d’ailleurs). On peut même dire que le modèle de financement n’a plus besoin de la propriété intellectuelle pour fonctionner, que l’achat de copie sur CD ou vinyle est un acte volontaire de soutien ou d’appartenance.

    A l’ère de l’abondance et de la recommandation, l’intermédiaire a même intérêt à ce que l’œuvre puisse circuler librement, pour évidemment agrandir la communauté et propager la musique.