» Dites-moi et j’oublierai. Montrez-moi et je me souviendrai.
Impliquez-moi et je comprendrai »
CONFUCIUS,
Bonjour,
A l’origine, cet espace avait pour vocation à être un lieu de découverte du projet MonArtiste et de partage de notre philosophie, il est devenu l’un des premiers sites d’information sur les nouvelles pistes (ou voies) de financement de la création. J’y publie mes découvertes, mes analyses, un ensemble de contenus liés à ces solutions innovantes de financement, mais aussi de partage qui émergent grâce au web.
La révolution du financement, de la production et de la diffusion de la création est en marche. Internet ouvre de nouvelles perspectives et bouleverse les règles qu’on le veuille ou non.
Le défi est de taille pour chaque créateur…
Comment exister dans cette nouvelle économie d’abondance ? Comment se réinventer (avec internet ?) pour réussir à satisfaire ce public avide de nouveaux modes d’accès à la culture et au divertissement et de nouvelles expériences
Quel modèle économique inventer ou adapter pour financer la création et s’émanciper alors que le public (le jeune en particulier) est de moins en moins prêt à payer, que la publicité va s’éparpiller et que les chaînes vont par voie de conséquence s’appauvrir et ne plus rechercher la qualité..
Je vous laisse découvrir le discours d’Alex de Iglésia, qui résume assez bien ces enjeux et pourquoi nous ne devons pas avoir peur de s’adapter.
Il ne va sans dire que le chemin est encore long avant qu’une culture libre s’impose, mais il démontre qu’en agissant, on peut faire évoluer le système et les mentalités. Maîtriser toutes ces possibilités, aller à la rencontre du public pour mieux les connaître va permettre non seulement de faire de meilleurs films plus proches du spectateur, mais aussi d’atteindre cet objectif ultime. Le plus beau n’est-il pas de pouvoir partager, communiquer et créer grâce et avec son public.
D’ où une nouvelle fois, des interrogations et des choix à faire…
N’hésitez pas à me contacter, si des questions subsistent. Je suis à votre disposition.
Traduction libre d’un article paru sur Venturebeat
Carl Esposti est le PDG d’un cabinet de conseil en crowdsourcing « Massolution ».
Si vous pensez que participer au crowdfunding signifie simplement investir dans des petites entreprises qui lancent des jeux et des produits design sur Kickstarter, détrompez-vous. Les volumes du crowdfunding atteignant 2,7 milliards de dollars en 2012, il est apparu comme une vraie alternative concrète et viable en développement à travers le monde.
Après avoir étudié plus de 350 plates-formes de crowdfunding actives, dont notamment IndieGoGo, CrowdCube, Symbid et Gambitious (plan du site sur crowdsourcing.org), puis en s’attaquant à une analyse approfondie des tendances du marché, l’institut de recherche Massolution a identifié cinq grandes évolutions du crowdfunding pour 2013 et au-delà.
Des Plateformes dans les secteurs de niche
Ces plateformes de crowdfunding essaient de profiter de l’importance du marché potentiel. De choisir une cible, une communauté, une catégorie de porteurs de projet auquel les internautes vont s’identifier.
Les Plateformes crowdfunding basées sur la récompense, la contrepartie prennent une importance et une place notable. Elles sont présentes dans tous les secteurs imaginables : jeux vidéos, musique, spectacle vivant, journalisme, sport…) .
Bien qu’il soit intéressant pour une nouvelle plateforme de choisir un créneau spécifique juste pour se positionner il y a une autre raison importante pour laquelle cette tendance est susceptible de l’emporter, c’est que cela contribue à créer une communauté de contributeurs récurrents. Il est évident de pouvoir bénéficier de passionnés déjà acquis au domaine et curieux de voir les nouveaux projets arriver est précieux, savoir que les contributeurs ne viennent ou ne sont pas venus uniquement que parce qu’ils ont été invité par les porteurs de projets peuvent offrir de vrais perspectives.
2 – L’investissement local
Dans son livre paru en 2011, Locavesting, la journaliste spécialisée en économie Amy Cortese présente la tendance de l’investissement local, comme une révolution pour le financement de l’économie réelle. Cette année, nous allons assister à une croissance de ce mouvement, parce que beaucoup de nouvelles plateformes de crowdfunding vont effectivement se spécialiser dans l’investissement local.
Cela fait plus d’un an que le président Obama a signé le Job ACT mais la législation reste bloqué par l’autorité des marchés financiers américains SEC.
Cependant, au moins quatre Etats dont la Louisiane, la Caroline du Nord, la Géorgie et le Kansas, ont pris l’initiative d’autoriser le crowdfunding pour les prêts aux entreprises. La plateforme de Crowdfunding Rebirth Financial est spécialisée dans l’investissement local et les offres intra-étatiques basées sur le prêt. Alors que cette offre est ouverte à tous à l’intérieur des frontières de l’Etat, les campagnes réussies l’ont jusqu’ici été grâce à un soutien très local, et ce grâce aussi
3- L’equity crowdfunding ( pour les entreprises )
Les grandes entreprises et les associations ont commencé à se pencher sur le crowdfunding pour voir comment cet outil constituerait une nouvelle source de financement potentiel pour leurs entreprises en incluant l’augmentation de la visibilité, une vraie étude de marché et des projets entrepreneuriaux. L’avantage perçu n’est pas uniquement l’utilisation d’une source de financement complémentaire, mais la démocratisation des décisions spécifiques qui serait rendue en interne dans l’entreprise.
L’American Institute of Architects (AIA) représente les intérêts de plus de 85.000 architectes à travers les Etats-Unis, un secteur qui a été particulièrement touché par la récente crise financière. Récemment, l’AIA a publié un rapport examinant le potentiel du crowdfunding comme une nouvelle source de capitaux pour les projets d’infrastructures commerciales, résidentielles et industrielles.
Le Crowdfunding se montre très prometteur pour attirer des investisseurs pour les petits projets et feront sortir l’architecte de sa planche à dessin. Dans ce cas, le crowdfunding sera utilisé pour stimuler le soutien et le financement pour un ensembe de projets d’infrastructure qui éprouveraient normalement des difficultés à trouver de l’argent en raison de leur petite taille.
4- Le développement économique du Crowdfunding
Les grandes banques de développement et autres institutions similaires – y compris la Banque mondiale et la Banque interaméricaine de développement – sont à la recherche d’un modèle de crowdfunding favorisant le financement de l’économie réelle
Le Crowdfunding a historiquement été adopté par des entreprises philanthropiques, en particulier pour le crowdfunding basé sur le don et le micro crédit. Les modèles se fondent naturellement avec la micro-finance parce que les besoins de financement sont très petits et les dons individuels ou les prêts sont des déclencheurs susceptibles de réussite du financement global. La prochaine étape pour le crowdfunding est l’évolution et l’élargissement du développement économique au niveau macro.
Le Fonds multilatéral d’investissement (MIF) de la Banque interaméricaine de développement étudie actuellement le potentiel du crowdfunding en Amérique latine et comment ce mécanisme peut être utilisé pour améliorer les petites entreprises et apporter du financement aux entrepreneurs qui y ont moins accès. En Amérique latine, le crowdfunding commence à se développer avec environ 40 plates-formes en ligne, dont Crowdfunder.mx et Idea.me, qui ont été établies au cours de ces deux dernières années.
Les plateformes dans les domaines de l’énergie solaire, de l’éducation et du développement urbain apparaissement comme les plus prometteuses dans la région.
5- Le crowdfunding évenementiel
La dernière tendance que nous voyons émerger dans le domaine du crowdfunding sont des événements comme des soirées de lancement qui ont pour but et origine le financement de projet. Outre l’opportunité de créer l’attention des médias, cela a un intérêt marketing très puissant. Le crowdfunding événementiel propose aux investisseurs et contributeurs quelque chose qui est difficile à trouver sur le web : l’exclusivité
L’exclusivité de l’accès à de nouveaux produits ou d’opportunité d’affaire peut être en soit un facteur déclenchant puis l’effet de groupe l’augmente….
Le Crowdfunding représente une évolution majeure dans la façon dont les entreprises et les projets locaux sont financés et bouscule les modèles de financement classique. Alors que 2012 était l’année de l’accroissement du crowdfunding sur les marchés, ces nouveaux développements ci-dessus alimenteront sa croissance pour les années à venir.
Devant les demandes de renseignement de plus en plus conséquentes de créateurs de tout bords, quant à la plateforme la plus adaptée au financement de leur projet et au-delà de la concrétisation de leurs idées. Puis de l’autre, des plateformes, à la recherche constante, de projets bien formulés, cohérents, porteurs ou « finançables ».
Aimant suivre les belles idées et les voir se réaliser et constatant qu’il s’agit dans tout cela, avant tout de belles rencontres et de confiance mutuelle. J’ai eu l’idée de créer un formulaire de présentation de pré projet, ouvert gratuitement à tous les porteurs de projets, leur permettant à la fois de formaliser, de le faire entrer dans des premières cases et surtout permettre à des responsables de plateformes intéressés par cette première présentation, de les contacter et de les accompagner dans leur campagne.
Cette formation, je l’espère, répondra à toutes les questions que vous vous posez : Qu’est-ce que le crowdfunding ? Pourquoi y faire appel ? Quelles sont les atouts et les inconvénients des différentes plateformes apparues récemment ? Quel site pour quel projet ? Comment déterminer le montant de sa collecte ?
Beaucoup de questions, auquel j’essayerai de répondre le plus simplement et précisément du monde ? J’apporterai quelques conseils pour réussir sa collecte, en définissant notamment quelques règles d’or. Il n’y a évidemment pas de recettes miracles, mais l’étude que j’ai pu faire démontre, qu’il existe de nombreux facteurs clefs de succès et surtout de bonnes pratiques, que tout le monde peut utiliser pour mettre toutes les chances de son côté.
C’est avec beaucoup d’émotion, que j’ai lu cet article de lionel Maurel alias Calimaq. Connaître son intérêt pour ce projet me ravi, sachant que je le considère comme une référence et un grand spécialiste de ces nouveaux enjeux. Je ne peux m’empêcher de le partager ici et de vous inviter plus que vivement à consulter ce blog Scinfox.wordpress.com qui est pour moi une mine d’informations.
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Hier se tenaient les Assises de l’audiovisuel, organisées par le Ministère de la Culture, où il a visiblement été beaucoup question de « régulation de l’internet » sous l’égide du CSA. Ce contexte de méfiance croissante vis-à-vis du numérique et d’Internet est peut-être le moment idéal pour changer de tonalité en parlant de l’aboutissement d’un des projets emblématiques de la Culture libre, qui prouve que les choses pourraient être abordées différemment.
Après plus de quatre années de travail, le film espagnol Le Cosmonaute du producteur indépendant Riot Cinema a en effet été officiellement lancé le 14 mai dernier, à l’occasion d’une première diffusion à Madrid qui a rassemblé plus de 1000 personnes. Ce long métrage de science-fiction présente des caractéristiques très particulières, puisque son financement a en partie été assuré par le biais du crowdfunding et qu’il a fait le pari d’abandonner la notion de chronologie des médias pour être diffusé en ligne sous une licence Creative Commons (CC-BY-NC-SA) dès sa sortie officielle, sans renoncer pour autant à une diffusion en DVD/Blue Ray ou en salle.
Il se trouve que le dimanche 26 mai, j’ai eu le privilège de participer à la première projection française de ce film, organisée par le cinéma Utopia à Toulouse, aux côtés d’Alexis Kauffmann de Framasoft et de Serge Gracieux de la Cité de L’Espace. Voilà ce que dit du film le site de l’Utopia pour vous en faire une idée :
Récit uchronique de science fiction, poème élégiaque, romantique, parabole philosophique et humaniste, Le Cosmonaute est tout cela, et également une aventure humaine à plus d’un titre. L’originalité du premier long métrage de Riot Cinema réside dans l’usage de nouveaux outils de financement comme le « crowdfunding » (production communautaire) et les licences Creative Commons dans sa production. Pour la première fois dans le monde, l’ensemble du film tourné sera disponible et téléchargeable gratuitement sur internet, y compris les rushs que chacun pourra réutiliser dans ses propres films grâce à la licence Creative Commons BY-NC-SA. C’est également le premier film espagnol à utiliser ces modes de financement.
Mais l’histoire du Cosmonaute est aussi celle de l’aventure spatiale, d’une aventure humaine à son apogée dans le contexte de la Guerre Froide, jusqu’à ce que les États-Unis gagnent la course à la Lune en juillet 1969, ce qui mettra un coup d’arrêt à la période la plus fulgurante de la conquête spatiale, une époque où l’humanité avait des rêves plus grands qu’elle. S’ensuivront les années 70, le premier choc pétrolier et les premières réductions budgétaires, les rêves de l’humanité s’accommodant mal des politiques de rigueur… Le Cosmonaute, c’est aussi une production collective dans une Espagne laminée par la crise, portée par des milliers de personnes qui ont voulu à nouveau rêver.
Crowdfunding et licence Creative Commons
Lancé en 2009, le projet El Cosmonauta a fait d’emblée le pari de s’écarter des schémas traditionnels de la production d’un film. Plus de 300 000 euros ont été levés par le biais d’un campagne de crowdfunding, à laquelle ont participé plus de 5000 personnes partout dans le monde. A partir de deux euros de dons versés, les contributeurs pouvaient devenir producteurs du film et avoir leur nom au générique. Au-delà de 1000 euros, ils devenaient investisseurs à part entière, avec un intéressement aux bénéfices. Le budget global du film a avoisiné les 900 000 euros, ce qui reste très peu comparé au budget moyen d’un film (5 millions d’euros en France). Mais Le Cosmonaute n’en constitue pas moins un film professionnel, et non une production amateur. Le reste du financement a été assuré par du sponsoring, des prix remportés, du merchandising et des préventes de distribution.
Le principal intérêt de la démarche de Riot Cinema a consisté à annoncer que le film serait gratuitement téléchargeable et partageable dès sa sortie, sous licence CC-BY-NC-SA. C’est ce qui fait que vous pouvez le retrouver en toute légalité sur The Pirate Bay en Torrent, outre la diffusion sur le site officiel The Cosmonaut Experience. Mais ce ne sont pas les seuls contenus qui ont été ainsi mis en partage par l’équipe du film, puisquel’intégralité des rushs figurent sur Internet Archive, partenaire du projet.
La page de présentation du film sur The Pirate Bay avec un message adressé aux internautes.
Le fait de recourir aux licences Creative Commons est clairement assumé comme un acte militant par l’équipe du film sur le blog du Cosmonaute et un moyen de tisser une nouvelle relation avec le public :
Nous croyons que notre public/nos utilisateurs/nos fans devraient avoir le droit :
D’être en mesure de décider quand, comment et où ils veulent voir le film ;
D’avoir au moins une option pour le regarder gratuitement (pour leur laisser décider par eux-mêmes si cela vaut la peine de payer pour cela ou non ;
De pouvoir le partager avec leurs amis et le copier autant de fois qu’ils le voudront ;
De pouvoir le projeter en public avec des gens qu’ils connaissent ou d’autres personnes ;
De pouvoir le modifier s’ils le souhaitent, créer leurs propres versions, de nouvelles narrations et d’autres projets à partir d’éléments du film.
Cette démarche participative a été adoptée durant toute la durée de la production du film, à la fois comme un élément à part entière du projet créatif, mais aussi pour bâtir une communauté engagée de fans avant la sortie et attirer l’attention sur le film, notamment sur les réseaux sociaux. C’est ainsi par exemple qu’en 2010 le teaser du film a fait l’objet d’un concours de remix qui a conduit à la production de plus d’une centaine de versions différentes, remporté par la vidéo ci-dessous :
Toujours dans cet esprit, un Remix Hackaton a été organisé à Madrid le 15 mai pour accompagner la sortie du film, à partir des rushs et de l’ensemble du matériel rassemblé.
Plus qu’un film, un projet transmedia au modèle économique innovant
Au-delà de ces aspects, le plus intéressant dans l’aventure du Cosmonaute est sans doute la manière dont Riot Cinema a conçu un modèle économique complexe pour assurer une exploitation commerciale du film. Ce montage est exposé dans tous ses détails dans un document intitulé The Plan, que l’on peut télécharger sur le site du film et qui a connu trois versions différentes au fil de la production.
En abandonnant sciemment le principe de la chronologie des médias, l’équipe de Riot Cinema a été obligée de redoubler d’inventivité pour dégager des pistes de commercialisation pour sa création. Dans ce modèle où le film est disponible gratuitement, l’idée de base consiste à proposer des produits à valeur ajoutée, qui pourront inciter le spectateur à payer pour accéder à une expérience « augmentée ».
Accessible gratuitement en ligne, Le Cosmonaut peut aussi être acheté en DVD, en Blue, en clé USB, avec à chaque fois des bonus qui rendent l’acquisition de ces supports physiques intéressants. Ici le DVD vendu avec un livre.
Cette démarche a conduit Riot Cinema à donner une dimension transmédia à son projet, avec la production d’une constellation de créations associées au film, auxquelles on peut accéder en achetant un K-Pass à partir de 5 euros. Cette formule propose ainsi 32 webisodes additionnels éclairant l’arrière-plan du film, un livre qui prolonge l’histoire, un docufiction sur les lieux du tournage, l’accès à une newsletter privée, etc. La démarche transmédia a été poussée plus loin encore avec un dispositif de narration via des profils de personnages sur Facebook, des cours de cinéma et des contenus éducatifs réalisés à partir de l’expérience accumulée par l’équipe du film, un merchandising astucieux qui complète le crowdfunding et d’autres choses encore.
Accessible en ligne gratuitement, Le Cosmonaute n’a pas pour autant renoncé à une diffusion en salle , la télévision ou en vidéo. La première du film a d’ailleurs été retransmise en direct par Canal+Xtra. Pour que le passage en télévision garde un intérêt par rapport à l’accès gratuit en ligne, Riot Cinema propose aux chaînes une version avec une fin alternative. Par ailleurs, le film peut tout à fait être distribué en salle de cinéma classique, comme j’ai pu l’expérimenter à Toulouse.
Plusieurs projections du Cosmonaute dans des salles de cinéma partout dans le monde et sans doute beaucoup d’autres à venir.
Dans ce cas, le modèle est à nouveau hybride, puisque la diffusion peut être gratuite si elle s’effectue dans un cadre non-commercial. Riot Cinema demande par contre un partage des bénéfices à 50%/50% avec les salles pour une diffusion payante, en accord avec les principes de fonctionnement de la licence Creative Commons retenue.
Tout comme le financement du film a été participatif en amont, sa distribution pourra l’être en aval, car Riot Cinema compte sur les communautés de fans eux-mêmes pour organiser des projections, gratuites ou payantes, qui construiront la notoriété du film et lui fourniront des retours financiers additionnels. Si vous voulez organiser une projection en France, vous pouvez contacter l’équipe du Cosmonaute via ce formulaire.
Le modèle du cinéma traditionnel questionné
Hier, Olivier Ertzscheid a écrit un billet coup de gueule pour protester contre la fermeture de l’annuaire de liens RedList, suite à une plainte des titulaires de droits. Ce nouvel épisode navrant dans la guerre au partage lui a inspiré des réflexions au vitriol sur le concept de chronologie des médias, qu’il adresse directement à Aurélie Filippetti, notre Ministre de la Culture :
Cours Aurélie, cours. Cours dire aux nayantsdroits que le web a dézingué leur si lucrative et précieuse chronologie des médias vécue seulement comme alibi commode d’une vision hiérarchique de la culture. Dis leur qu’avant d’être un rhizome, le web est une résistance. Qu’ils auront beau le reterritorialiser à outrance, remettre en place des frontières, des proxys, des blacklists, ils n’auront jamais de prise sur le temps si particulier qu’est celui du média qu’ils combattent au lieu d’essayer de le comprendre.
Le web a tué le temps. Vous êtes anachroniques. Le web est a-chronologique. Le web est une uchronie.
Le film Le Cosmonaute n’apporte bien sûr pas à lui seul toutes les réponses à la question du financement du cinéma à l’heure du numérique, mais la combinaison qu’il a expérimenté entre crowdfunding, licence Creative Commons, refus de la chronologie des médias, expérience transmedia, modèle de freemium et exploitation économique ouvre des pistes de réflexion pour repenser l’articulation entre Internet et le cinéma.
Sur le site The Cosmonaut Experience, le film n’est pas en « Pay per View », mais en « Share per View ». Pour le visionner gratuitement, il faut faire partager un lien sur Twitter ou Facebook.
Les licences Creative Commons ont déjà fait la preuve de leur efficacité dans biens des domaines, mais le cinéma constitue sans doute l’un des champs les plus difficiles d’application pour la Culture libre, en raison des investissements importants qu’il faut dégager pour produire un film et faire travailler toute une équipe sur une longue durée.
Je me suis beaucoup intéressé aux productions des amateurs, mais il est tout aussi crucial pour les Creative Commons de pouvoir faire leur preuve dans la sphère de la création professionnelle. Tout aussi important est le fait que les oeuvres sous licence Creative Commons puissent être diffusées par des canaux traditionnels comme les salles de cinéma et la télévision, et pas seulement sur Internet. Le modèle économique du Cosmonaute me conforte par ailleurs dans l’idée que les licences Creative Commons comportant une clause Non-Commerciale ont tout leur intérêt pour développer des modèles hybrides, adaptés à certains secteurs de la création.
Le Cosmonaute a valeur de preuve de concept, mais cette expérience a aussi ses limites. Le budget global du film, qui n’atteint pas un million d’euros, reste faible comparé aux sommes généralement engagées dans le cinéma, même pour les petites productions. Cela a maintenu le projet dans un état de vulnérabilité constante, comme lorsqu’en 2011 un investisseur russe s’est brusquement retiré juste avant le début du tournage. Riot Cinema avait dû lancer en urgence une nouvelle campagne de crowdfunding (Save The Cosmonaut !) pour que le projet ne sombre pas, qui a réussi à lever 130 000 euros en trois jours. L’histoire est belle, mais on sent bien en lisant les déclarations du réalisateur que le projet a souvent été sur le point d’échouer à cause de sa fragilité financière.
Intégrer les Creative Commons aux circuits classiques de financement du cinema
Comment faire pour ne pas en rester à ce premier coup d’éclat ? Comment la production de films en Creative Commons pourrait-elle devenir un mode comme un autre de faire du cinéma ?
Ce qui différencie en vérité un film comme Le Cosmonaute d’une production classique, ce n’est pas tant d’avoir utilisé une licence Creative Commons que de ne pas avoir pu bénéficier des circuits classiques d’aide à la création cinématographique. En France, on sait que ces aides versées pour l’essentiel par le CNC sont déterminantes pour le cinéma qui ne pourrait vivre sans elles. Elles ont d’ailleurs beaucoup fait parler d’elles lors de la polémique lancée en début d’année par Vincent Maraval et le rapport Lescure s’est aussipenché sur ces questions.
Le schéma complexe du financement du cinéma en France, avec une part déterminante d’aides publiques.
Il m’est arrivé d’avoir des discussions avec un producteur qui soutenait que les licences Creative Commons étaient impossibles à mettre en oeuvre dans le domaine du cinéma. Mais comment cela pourrait-il advenir si les films sous CC ne bénéficient pas des soutiens qui permettent que le cinéma existe par ailleurs ? Faire un film sans les avances sur recettes du CNC et sans toute la machinerie des aides à la création cinématographique relève assurément de l’exploit. Quand les spectateurs à Toulouse ont payé leurs places pour voir Le Cosmonaute à l’Utopia, 10% du prix de leur billet a d’ailleurs été ponctionné pour alimenter les aides publiques au cinéma français, via le mécanisme de la taxe spéciale additionnelle !
Des expériences de cinéma sous licence libre ont déjà été tentées en France, notamment par le collectif Kassandre, qui a malheureusement cessé ses activités en 2012, en partie faute de pouvoir trouver des pistes de financement. Le rapport Lescure contient quant à lui une partie dédiée aux licences libres et aux Creative Commons, qu’il considère comme une piste intéressante pour le développement de l’offre légale. Sa proposition n°78 appelle même à encourager le financement d’oeuvres sous licence libre :
Promouvoir l’utilisation de licences libres dans les projets bénéficiant de subventions publiques, par exemple en fixant un quota minimal d’œuvres devant être mis à disposition sous licence libre.
Le cinéma est typiquement un secteur bénéficiant de beaucoup de subventions publiques et on pourrait par exemple tout à fait concevoir qu’une partie des aides du CNC aillent au financement de films sous Creative Commons.
La piste du crowdfunding, explorée par Le Cosmonaute avec succès, offre par ailleurs des perspectives très intéressantes pour le financement des films sous Creative Commons. Le site américain Kickstarter dans la rétrospective qu’il a publié pour l’année 2012 indiquait que plus de 100 millions de dollars avaient été levés pour réaliser des films indépendants, dont 67 ont atteint la diffusion en salle de cinéma (et un a été nominé aux Oscars). En France, le succès fulgurant de la websérie Noob, qui a réussi à rassembler sur Ulule plus de 300 000 euros en quelques semaines pour produire une trilogie de films, montre que le potentiel est bien là. Le rapport Lescure propose d’ailleurs également des pistes pour adapter le cadre juridique français afin de faciliter le décollage du crowdfunding dans notre pays et il semble que l’on s’achemine vers de telles réformes.
Le Cosmonaute a prouvé qu’un cinéma sous Creative Commons était possible et qu’une telle évolution soulevait des perspectives encourageantes pour la diversité et la vitalité de la création. Mais il reste un chemin important à parcourir avant que cette formule devienne un mode à part entière de la production cinématographique et cela passe par une démarche volontariste des pouvoirs publics.
A l’heure du numérique, les industries créatives sont confrontées à la transition du marché physique au marché digital. L’édition numérique représente un marché encore naissant par rapport à d’autres marchés pour lesquels la dématérialisation du contenu a commencé à s’opérer plus tôt (vidéo, musique). La nécessité de posséder une tablette ou une liseuse, le choix encore restreint de titres disponibles au format numérique ou encore les habitudes de consommation -la préférence pour le format « papier »- sont autant de raisons au décollage plus tardif du marché du livre numérique en France.
Néanmoins, la révolution du livre est désormais en marche et laisse place à toutes les créativités. Le livre est en train d’être repensé.
Article original publié sur techdirt.com par the nicely-done dept
Je suis évidemment un grand fan des plateformes de crowdfunding comme Kickstarter mais j’ai toujours pensé que c’était juste un des nombreux modèles que l’on peut utiliser lorsque l’on est créateurs de contenu, d’autres possibilités existent tout aussi intéressante. Je pense notamment qu’il manque à kickstarter un système de rémunération ou de dons ( continus) sur toute la durée de la carrière de l’artiste. Le modèle de Kickstarter s’appuie sur le financement de projet et uniquement cela et ne prend pas en compte la nécessité d’un artiste de vivre de son art ou de son travail. Depuis des années, je suis intéressé par les systèmes de rémunération de la création récompensant la qualité des prestations de l’artiste. Il est intéressant pour moi de constater que de nombreuses initiatives vont dans ce sens et certaines personnes explorent cette voie.
J’ai rencontré Jack Conte il y a quelques années après avoir écrit plusieurs articles sur lui et son groupe Pomplamoose. J’ai toujours été impressionné par la capacité de Pomplamoose à entrer en contact avec leur public et créer un lien fort favorisant la création d’une communauté forte et engagée. Lors de mes nombreuses discussions avec Jack, il était clair qu’il réfléchissait déjà beaucoup à l’idée du modèle économique, il n’est pas donc surprenant qu’aujourd’hui, il est construit ce qui semble être une plateforme assez efficace pour permettre aux créateurs d’avoir un soutien sur le long terme . Techniquement on se rapproche beaucoup de ce que fait Kickstarter, mais plutôt que de soutenir un projet, vous encouragez et facilitez la création de contenus réguliers. Ainsi par exemple, vous pouvez promettre que vous accorderez 5 € à l’achat ou à la participation financière de chaque nouvelle vidéo de Jack (vous pouvez évidemment limiter votre engagement, si celui-ci réalise 1000 vidéos dans l’année). Ce site s’appelle PATREON, une vidéo explicative et didactique revient sur son fonctionnement, vous pouvez la retrouver en introduction de cet article.
Je suis certain que certains seront sceptiques, qu’il s’agira pour eux juste d’un autre site d’achat et de participation financière. Mais c’est bien plus que cela lorsque l’on prend la mesure de ce que cela peut représenter, pour l’une des premières fois, l’on ne paie pas pour accéder au contenu. Sachant que le contenu sera le plus souvent gratuit, afin de favoriser la visibilité sur internet, mais les internautes apportent leur contribution pour vous permettre de continuer à créer et vous récompenser ( c’est-à-dire qu’ils soutiennent votre carrière et vos productions futurs et n’achètent pas vos productions passées) ils peuvent aussi toujours sur le même principe obtenir des avantages supplémentaires (valeur ajoutée) en tant qu’abonné ou contributeurs, tout comme Google Hangouts avec ses créateurs. Un peu comme quelques-unes des options de souscription populaire dans notre Techdirt Insider Shop, mais plutôt que tous les mois, les montants sont déclenchés par la création (je ne suis pas sûr que ça marcherait pour un blog comme le nôtre qui produit tout un tas de contenu tous les jours, mais ça serait adapté à certains types de projets créatifs moins fréquents mais réguliers).
De toute façon, je suis content de constater que de nouvelles plates-formes émergent grâce à cette dynamique. Pendant un certain temps, il avait été fâcheux de voir que de nombreux clones de Kickstarter avaient fait leur apparition (y compris une nouvelle lancée par Donald Trump?!?). Vous ne savez jamais, bien sûr, si PATREON va cartonner, mais le concept revête de nombreux avantages pour les créatifs et pour différents types de contenu. À certains égards, il semble être un meilleur modèle pour se connecter avec des «vrais fans» et s’appuyer sur une vraie communauté que quelque chose comme un Kickstarter. Alors que Kickstarter attire les gens en clamant « C’est un grand événement, rejoignez-nous! », il serait intéressant de voir des plateformes comme Platreon et Flattr perdurer et créer un modèle durable de financement de la création.
agréable de voir un peu plus en continuel et que les plates-formes avec un modèle durable deviennent autant populaires.
La société SmartAngels propose à des particuliers d’investir en ligne au capital de PME sélectionnées pour leur potentiel de croissance.
J’ai rencontré Benoît Bazzocchi, fondateur et CEO de SmartAngels à Paris, où nous avons pu avoir une conversation intéressante sur les nouvelles opportunités qu’offrent le crowdfunding pour les entreprises et notamment les start-up, mais aussi sur leur offre et leurs perspectives de développement.
Notre offre est particulièrement adaptée aux business angels ayant une activité professionnelle prenante, qui ont envie de participer à des aventures entrepreneuriales passionnantes, mais peu de temps à y consacrer »,
Permettre aux Business Angels qui s’ignorent de passer le pas et d’investir dans l’économie réelle.
» la problématique du financement des entreprises, et des start-ups en particulier, ce n’est pas de trouver les bons ou les mauvais investisseurs, c’est simplement de trouver des investisseurs qui leur font confiance. Il y a 4.000 business angels inscrits dans les réseaux en France, on les estime à 8.000 au total. Les études montrent un potentiel de 300.000 investisseurs potentiels en direct dans le non-côté. La question à laquelle nous voulons répondre avec SmartAngels est la suivante: que pouvons-nous apporter à ces 292.000 investisseurs privés qui restent encore à l’écart de cette classe d’actifs pour les amener au capital des PME?
Voilà notre réponse. Le problème principal que nous avons identifié chez ces investisseurs, c’est qu’ils n’ont pas toujours le temps, et parfois pas toutes les compétences, car c’est un métier complexe même pour les business angels « professionnels », de sourcer les dossiers, les analyser, négocier les termes financiers et juridiques de leur entrée au capital. Nous préparons toutes ces étapes pour eux. Nous sélectionnons les dossiers avec rigueur, selon les mêmes process de sélection que ceux des fonds d’investissement, en réalisant les due-diligences appropriées, et en négociant les conditions d’entrée. Nous simplifions et sécurisons au maximum les opérations pour répondre aux exigences de ces investisseurs privés, qui veulent disposer de dossiers de qualité, mais ne peuvent pas passer leurs journées à ne s’occuper que de ça. »
Comment ça marche ?
Les investisseurs ont accès à des dossiers complets sur les entreprises. Ils peuvent se concentrer sur la sélection de leurs investissements, sans les contraintes liées à la recherche des opportunités, aux due‐diligences sur les sociétés ou aux longues négociations sur les termes juridiques des opérations.
Les experts de SmartAngels, spécialistes de l’investissement au capital d’entreprises, sélectionnent des sociétés recherchant un premier ou deuxième tour de financement, pour des montants compris entre 300 000 euros et 1 million d‘euros, sans spécialisation sectorielle spécifique. La plateforme fait le choix de ne présenter qu’une « short‐list » d’entreprises à ses membres. « Nous intervenons sur les levées de fonds les plus complexes à réaliser pour les entreprises, car ces montants sont trop faibles pour intéresser les fonds d’investissement, et trop importants pour être apportés par l’entourage des fondateurs. C’est pourtant dans ces entreprises‐là que réside un formidable potentiel de croissance »
Début de réponse apportée par l’équipe de Smartangels à travers leur newsletter à la question que tout le monde se pose :
Pourquoi investir sur SmartAngels ?
1. Protégez votre patrimoine: diversifiez vos actifs et réalisez de belles plus-values à partir de 5 à 10 K€ d’investissement.2. Développez votre réseau professionnel : partagez vos compétences avec les entrepreneurs et vos co-investisseurs qualifiés.3. Défiscalisez votre ISF & IR 2013 : réduisez vos impôts ISF 2013 jusqu’à 45.000€ et IR 2013 jusqu’à 18.000€.
Actuellement en ligne
Sentinelo : Sentinelo propose une application web et mobile qui permet de guider les consommateurs vers les magasins. en savoir plus
I like cinema : I Like Cinema propose aux spectateurs de créer leurs séances à la demande dans les salles partenaires à partir d’un catalogue de plusieurs centaines de films. Retrouvez la Fiche de présentation ( un concept que j’apprécie tout particulièrement, j’avais déjà évoqué le modèle de la septième salle ).
Des petits déjeuners sont organisés dans les locaux de SMARTANGELS pour rencontrer les entrepreneurs, notamment en juin pour ces deux start-up.